16.03.2008
Souvenons-nous
Lazare Ponticelli est mort cette semaine, à 110 ans. Ce n'est pas de cet âge canonique et remarquable que je souhaite parler ici. Je voudrais simplement rendre hommage à ce qu'il a fait. Lazare Ponticelli, jeune immigré italien, s'est battu pour la France, parce que pour lui ce pays lui avait donné à manger.
La guerre, comme le disait en 2003 Dominique de Villepin est toujours la plus mavaise des solutions. Quelles que soient les responsabilités politiques, partégées, dans l'éclatement du premier conflit mondial, on ne peut pas rester indifférent au sacrifice de ces "poilus", ces hommes venus de tous les milieux sociaux, coupés de leurs familles. Ces hommes qui, dans le fracas des obus et la la boue des tranchées, ont su construire une fraternité (cette guerre a définitivement installé en France la République, notamment grâce à ce brassage social). Blessés, mutilés, ils ont souvent porté toute leur vie le souvenir de ces années sombres de l'histoire humaine. C'est d'autant plus dramatique quand on pense aux illusions sur la "der des der" et qu'on voit ce qui s'est passé vingt ans plus tard, et au delà, tout au long du siècle.
Lazare Ponticelli a tenu à entretenir la mémoire de ces soldats, de ses frères d'armes tombés. Combien d'entre eux, de mon âge, ou plus jeunes encore, ont agonisé des heures durant à Craonne ou à Verdun? Combien ont pleuré avant de monter au feu, en pensant à leurs femmes à leurs enfants à ceux qu'ils auraient voulu avoir et que cette blessure au bassin les empêcheraient de concevoir? Combien ont cru rêver le 11 novembre 1918 en apprenant l'armistice? Aujourd'hui, plus personne ne viendra nous rappeler l'horreur, chaque année à la même date pendant une séquence de deux minutes au journal télévisé. Il ne nous reste que des archives écrites, audio ou vidéo, des livres d'historiens.
Demain la France rendra un hommage national à Lazare Ponticelli, c'est une excellente décision.
Aujourd'hui, face à ce passé et à ces souffrances, nos querelles partisanes, nos envies de changer la politique, de renverser tel ou tel responsable local, tout cela ne pèse rien, mais nous occupe trop.
Prenons quelques instants, souvenons-nous de ces noms gravés sur less monument aux morts de nos communes.
16:11 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Tag
Comme nous sommes un jour d'élections, pas de commentaires sur ce blog, et pas de note vraiment politique. J'en profite pour répondre à Charlotte Hoffman qui m'a honteusement tagué (je dis ça parcequ'étant le dernier tagué parmi tous mes amis bloggueurs je me demande bien qui je vais pouvoir taguer à mon tour). Donc je vais répondre à ces questions essentielles pour l'avenir du monde:
1 J'ai souvent plein d'idées intéressantes mais je me les fais toujours piquer parce que je n'ose pas les proposer.
2 J'ai horreur de conduire la nuit.
3 J'adore les rouleaux de réglisse.
4 Dans ma jeunesse, j'ai écrit une constitution pour un état mondial (bon d'accord ça ressemblait plus à une monarchie communiste qu'à une démocratie, mais comme je devais en être le chef, ça ne me génait pas) mais je l'ai jetée, donc vous ne la lirez jamais.
5 J'ai eu un amstrad il y a fort longtemps
6 J'ai serré la main à Charles Pasqua un jours qu'il est venu à l'IEP, et je l'ai félicité pour son courage face à quelques perturbateurs lors de sa conférence, ce à quoi il a répondu "oh! vous savez j'en ai vu d'autres!".
Alors maintenant je vais taguer: Angélique Ballet Baz, Louis Aleman, Quitterie Delmas, Loic Hervé, Benoit Schmaltz, Bruno Mazet.
15:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.02.2008
La mémoire contre l'histoire
Ainsi donc, le Président de la République souhaite que chaque enfant de primaire prenne en charge la mémoire d'un enefant juif victime de la Shoah. Une telle annonce relève plus de l'agitation médiatique, pour faire parler de soi, que de la politique. Elle souligne en outre une inconscience totale. Instrumentaliser la Shoah à des fins politiciennes (faire parler de soi, remonter dans les sondages) est le signe d'un manque total de morale, alors qu'on prétend enseigner celle-ci aux enfants. Outre que les victimes -et Simone Veil l'a bien dit- ont mis des années pour se reconstruire après ce drame, il me semble difficile de faire porter le poids d'un enfant mort à un autre enfant. On me dira: et Jeanne d'Arc, dont on enseigne le supplice, et les voyages scolaires, les témoignages? Etudier un fait historique horrible, ce n'est pas s'identifier à un enfant de son âge, en étudiant son histoire personnelle. L'histoire, par un appareil critique, scientifique, permet de prendreconscience de l'horreur tout en gardant une distance qui évite de succiomber à l'émotion. L'enseignement d'une histoire objective, sans sentiments, va -t-elle pour autant empêcher les enfants de ressentir de l'horreur pour la Shoah? A moins de venir d'une famille profondément antisémite, négationniste, je vois mal comment on pourrait ne pas comprendre ces faits.
Quant à faire étudier un enfant par une classe, nouvelle idée, ça n'a pas plus d'intérêt.
A la vérité, il y a là autre chose que de l'émotion. Il y a une confusion, de plus en plus présente, entre la mémoire et l'histoire. Elles sont pourtant bien différentes. La mémoire est subjective, elle est propres aux victimes, aux témoins, aux survivants. Elle est lourde à porter, si lourde que Primo Levi a fini par se suicider. L'histoire est une science, elle analyse des faits, elle se veut objective. Il me semble, pour parler comme de nombreux historiens, qu'il existe un devoir d'histoire, pour que chacun puisse comprendre, plus qu'un devoir de mémoire. La mémoire du témoin est forcément partielle. Chargée d'émotion, elle ne prend pas tout en compte. Dans l'événement, le témoin ne voit pas tout, il ressent de nombreux sentiments.
Pour élever les esprits, c'est d'histoire que nous avons besoin.
16:25 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
11.02.2008
De la difficulté de faire de la politique autrement.
Changer la politique. Tel était, lors de sa présentation, l'une des principales ambitions du Mouvement Démocrate. A l'heure où les citoyens se méfient des vaines promesses et des élus qui les tiennent, dans un monde qui a plus que jamais besoin de politiques responsables, c'était un défi à relever. Au moment où s'accélère la campagne municipales, faire un lpremier bilan s'avère délicat. Un parti qui souhaite entamer le chantier titanesque de la rénovation peut-il attendre six mois pour se concrétiser, entre l'annonce de sa création, et son congrès fondateur?
Non. Parce que pendant ce temps les citoyens réfléchissent, attendent, et sont déçus de ne rien voir venir. Parce que c'est le meilleur moyen de voir se constituer des petits groupes motivés, sûrs de réprésenter un Modem dont personne ne sait encore à quoi il va ressembler, prêts à préempter les places disponibles, contre des caciques dépassés par une vague de nouveaux militants exigeants car convaincus. Parce que le vide, le désert, est médiatiquement difficile à rattrapper. Voilà pourquoi il a été si difficile, selon moi, de faire démarrer la machine. A ceci s'ajoute un manque de clarté sur la ligne politique.
Indépendance et renouveau furent les grandes lignes. Mais si ces éléments sont nécessaires pour constituer une alternative crédible, ils n'en forment pas pour autant le squelette. Ue ligne c'est une pensée claire, connue de tous, sur les grand sujets politiques, nationaux ou locaux. Pas une idéologie, mais à tout le moins une direction. Quand on ouvre les portes du musée, mieux vaut indiquer le sens de la visite. Rien d'étonnant que dans la désorganisation, des lignes multiples se soient crées. Au Modem, on pourrait dire que la nature a horreur du vide: si la direction ne fait rien, les militants s'en chargent. C'est très bien, car ça témoigne d'un réactivité certine. Mais cela devient délicat s'il n ya aucune réelle coordination des initiatives.
Alors, on a organisé un congrès fondateurs, pour accoucher le Modem, réaliser une sorte de catharsis, en finir avec les mauvais démons. Mieux vaut ne pas trop critiquer son déroulement, ou ne pas tirer sur une ambulance.
Alors, on a organisé une élection interne, pour le Conseil National. On expliqué aux adhérents qu'il fallait qu'ils participent, mais là encore l'ambulance est tombée en panne.
Puis est venu le moment des investitures. Nous devions faire de la politique autrement. Plus d'arrangements. Des listes indépendantes partout où c'est possible (c'est bien ainsi que le plus haut niveau l'a présenté, sans jamais parler d'indépendance partout et toujours). De coups bas en renoncements, le flou s'est installé. Je trouve essentiel de faire un parti qui travaille sur des majorités locales, qui refuse l'alliance systématique avec un camp. Pour un intérêt national, le Modem fait des alliances dans certaines grandes villes, où cela aurait été facile de présenter des listes indépendantes. Pour des raisons de symbolique nationale, il fait différemment ailleurs. Mais partout, on retrouve des militants Modem sur différentes listes opposées.
On me dira que ceux qui sont hors de la liste investie sont hors du parti. Pourquoi n'en partent-ils pas? Qu'ont-ils à gagner à rester au Modem, petit parti en construction, si ce sont des opportunistes en quête de place (quelle place peut-on raisonnablement envisageavec une étiquette Modem?)? Rien, je crois qu'il s'agit de désaccords sur la ligne locale, mais en aucun cas de refus de la ligne nationale "les élections municipales se règlent au niveau local".
Enfin je voudrais évoquer une autre question : qu'est-ce que faire de la politique autrement? Ou, reformulée, "faire de politique autrement" est-il un argument pour en faire de manière traditionnelle? L'avenir nous le dira, mais la volonté, souvent affichée de faire émerger une nouvelle génération me fait peur. Je la partage évidemment, mais il y a comme une odeur bizarre, la sensation qu'il ne s'agit pas seulement de permettre à de nouvelles têtes d'émerger, mais de couper celles qui dépassent, chez les plus vieux ou les plus jeunes. Il n'est pas question de troquer la domination des quin,quagénaires et des sexagénaires contre l'alliance des trentenaires et des quadragénaires. La frustration étant mauvaise conseillère en politique, il me semble important que tout le monde se rassemble.
Bon courage à tous les démocrates engagés dans les municipales et les cantonales.
(Un incident technique ou ma méconnaissance informatique fait que la fin de ma note est plus un résumé de ce que je voulais dire.)
18:10 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : modem, élections, politique
18.01.2008
Principe à sauver
Pendant que les démocrates s'interrogent sur eux-mêmes, parfois un peu violemment, des menances autrment plus garves pèsent sur notre pays.
La laîcité est unn principe essentiel de notre république, unn principe fondateur inscrit dans notre Constitution. Elle est issue d'un processus historique, par essence même complexe dont le point d'orgue fut le vote de la loi de séparation des églises et de l'Etat. Fruit d'un combat anticlérical visant à ramener la religion dans la sphère privée, ce texte demeure équilibré, car voté de manière à rassembler le maximum de républicains de toutes tendances, contrre les excès de l'extrême gauche et ceux de l'extrême droite, unies contre ce texte, pour des raisons toute fois opposées.
La République, si chère à Henri Guaino et Nicolas Sarkozy, celle de Blum et de Jaurès, tellement galvaudée pendant la présidentielle, ne nie pas le droit de croire ou de ne pas croire, elle n'instaure pas un combat contre les religions, elle a simplemnt pour vocation de réunir les citoyens sans les distinguer sur des critères religieux.
Or, par ses discours de Latran et de Riyad, le Président de la République porte atteinte à ces principes de tolérances. En affirmant que les origines de la France sont essentiellement chrétiennes, il commet non seulement une erreur historique, mais aussi une faute politique considérable. La France a certes un héritage chrétien, mais elle tire sa légitimité d'une histoire beacoup plus ancienne, que la simple question religieuse ne saurait résumer. De plus, la France a érigé comme une spécificité un amour de la raison, qui n'exclue nullement le spirituel (Pascal fut mathématicien mais aussi janséniste), mais qui nous impose de regarder l'autre pour ce qu'il est en tant que personne humaine, dotée de droits à valeur universelle. L'identité relgieuse ne doit pas avoir de conséquences politiques.
Quand le Président de la République affirme que ce qui gênant dans la religion c'est son utilisation politique à des fins négatives (ce n'est pas le terme exact, je livre ici un décryptage du discours), cela signifie qu'il y a un usage politique positif de la religion. Une telle affirmation est contraire à notre laicité.
Ensuite, parler d'une laicité positive, comme il le fait, n'a aucun sens, la laicité est unique, il n'y a pas de négatif, sauf à lui donner une visée politicienne.
Depuis des années, Nicolas Sarkozy parle régulièrement de remettre au goût du jour la loi de 1905, pour faire face notamment au financement des mosquées. La loi est assez souple pour le permettre sans la modifier.
Enfin, dernier point que j'ai appris aujourd'hui, il souhaiterait que les religions soient représe,tées au Conseil Economique Et Social. Cette instance méconnue est consultée sur de nombeux projets gouvernementaucx, et ses rapports sont à l'origine de réformes dans différents dommaines, souvent plusieurs années après leur publication, s'ils n'ont pas été complètement enterrés. Ceci signifie que les relgieux viendraient s'immiscer dans un travail de réflexion politique, du seul fait de leur religion, qu'ils représenteraient dans cette instance. Outre les questions techniques relative à leur nomination ouleur élection, c'est là une atteinte manifeste à notre pacte fondateur.
Le projet démocrate vise avant tout à dépasser des clivages politiques, pour réunir des forces autour de réformes ou de principes essentiels. La défense de la laicité en est un. C'est une vision de la France qui est attaquée, celle qui conduit à ce tryptique sur le fronton des bâtiments officiels:"Liberté Egalité Fraternité".
(le tréma sur laicité manque c'est un problème technique.)
18:40 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



