17.11.2009
La petite moutarde qui monte
Non, ce n'est pas celle de Dijon, qui n'en finit pas de monter au nez des dirigeants socialistes, ou plutôt du courant L'Espoir A Gauche car pour les autres tout va plutôt bien depuis ce week end. Quant au Rassemblement, ce ne sont pas des sondages qui convaincront ceux qui veulent d'une alternative réelle d'apporter un peu d'orange sur le fond d'un tableau rose-vert (en terme pictural, j'ai du mal à saisir le sens). La vérité est que cette belle idée de départ se résume à une instrumentalisation des Démocrates dans le cadre d'une lutte interne au Parti Socialiste, et plus, loin, dans le cadre du grand combat qui s'annonce à gauche, entre les Verts et le PS.
La petite moutarde qui monte vraiment, c'est celle de la réforme des collectivités locales et de la fiscalité locale. Réformes nécessaires sur le principe, mais qui, mal expliquées, réussissent à faire renaître des oppositions internes, et révolter les élus locaux dont beaucoup sont avant des gestionnaires, plus que des idéologues ou des polémistes.
Pourtant, c'est une lutte idéologique qui s'annonce: défense des élus de proximité, de leurs réalisations (75% de l'investissement public en France environ), de leur bonne gestion (après tout, une collectivité locale, contrairement à l'Etat, ne peut pas emprunter pour payer des fonctionnaires ou des stylos) contre défense d'une prétendue plus grande efficacité de l'Etat face à la crise économique. Outre que le monde a changé depuis les années 30, ressortir le couplet des féodaux est un peu l'argument de la dernière chance sans aucun intérêt. Mais la chance pourrait tourner.
23:17 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dijon, collectivités locales
09.11.2009
Sans mur
Le Mur tombe, la liberté renaît, un peuple, des familles se rassemblent. Des images historiques. Sept ans, c'était mon âge. Vingt ans, c'était en 1989. Ne jamais oublier. Les allemands ont commémoré comme il se doit cet anniversaire, et en France, certains, dont moi, l'ont fait.
Un mur tombe, d'autres existent toujours, d'autres naissent. Dans l'engagement politique, abattre les murs entre les hommes, les murs de préjugés, c'est un devoir, un bonheur. Parfois, on voit des murs, des rideaux de fer, là où la veille ce n'était que fleurs et amitié. Tout mur ne peut que tomber un jour, car il n'est pas de chemin sans retour.
Quelques mots, mais parfois, il n'est pas nécessaire d'en dire plus.
21:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mur de berlin
04.11.2009
La perte des valeurs
L’ouverture actuelle c’est « Sois de gauche et tais-toi », ou « Sois issue de la diversité et tais-toi ». J’adore les périphrases dans lesquelles notre monde s’enferme.
Rama Yade a exprimé ses doutes sur un amendement voté à l’Assemblée visant à supprimer un avantage fiscal pour les sportifs (à mon avis elle a eu tort, mais ce n’est pas le sujet du jour). Du coup, ses camarades s’en donnent à cœur joie pour la critiquer. Il y avait déjà eu l’affaire de son transfert électoral des Hauts-de-Seine vers le Val d’Oise, où selon une élue UMP, elle ferait plus « couleur locale ».
Pour rajouter au cliché voici que le Parti Socialiste, décidément en très grande forme, a décidé de lui « accorder le droit d’asile ». S’il est malin de la part du PS d’essayer d’attirer à lui des gens déçus de la majorité, et de jouer sur les divisions de celle-ci, on peut quand même se poser des questions. Avec les cris que ce parti pousse depuis des semaines contre le débat (bien inutile il est vrai selon moi) sur l’identité national, le voilà qui accorde un « droit d’asile ». Est-ce de l’ironie ?
Je vais poser une question provocante. Si Rama Yade n’était pas née à Dakar, de couleur noire, le PS aurait-il utilisé cette expression ?
On savait que dans un monde globalisé les politiques économiques et sociales sont difficilement divergentes entre la droite et la gauche. On savait moins qu’à force de perdre ses repères à force de signer des pétitions contre tout et n’importe quoi, le PS avait perdu ses propres repères moraux. Une course à l’échalote de l’identité nationale ? Qu'on ne me dise pas qu'il s'agit là d'un asile politique simple.
On voit très bien le parallèle malsain avec les débats sur l'immigration.
A force de donner dans le politiquement correct, le Parti Socialiste s’est pris les pieds dans le tapis, et donne maintenant dans la polémique absurde. A force d’attendre Godot, la cantatrice socialiste est devenue chauve. Sous son crâne ne poussent plus que des toiles d’araignées.
18:13 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rama yade, ps, ump
27.10.2009
Réhabiliter l'impôt
Un jour, à force de dire que la dette se creuse de 700 millions chaque jour, que le pays court à la faillite, qu'il faut faire des économies, il faudra peut-être revenir à la réalité.
Et la réalité quelle est-elle? Elle est simple. Quand la dette augmente, c'est que les dépenses sont trop fortes par rapport aux recettes. Alors, on peut revoir les politiques publiques, à travers toutes les RGPP, évaluer, noter, récompenser, sanctionner, diminuer les budgets, les augmenter, jouer au yo-yo avec les chiffres d'une année sur l'autre.
Toutes ces politiques révolutionnaires ne changeront pas grande chose, si l'on ne regarde pas le volet recettes.
Pas seulement pour créer de nouvelles niches fiscales pendant qu'on en supprime d'autres, pas seulement pour augmenter les prélèvements qui existent.
Une vraie politique originale devrait se départir de ces réflexes dépassés. Un homme politique doté d'une vision de long terme, embrassant tous les champs de compétences du pouvoir politique, bref, un homme d'Etat, serait celui qui proposerait une fiscalité nouvelle, totalement boulerversée. L'impôt sur le revenu fut l'un des points centraux pour le Parti Radical, il lui fallut des années de pouvoir pour le mettre en oeuvre (d'ailleurs, c'est peu après que ce parti a commencé à connaître des problèmes, car son programme de départ était réalisé).
Aujourd'hui, les recettes fiscales n'ont pas le dynamisme suffisant, face à un monde globalisé, où les évolutions brutales de la conjoncture nécessitent une adaptation rapide. Aujourd'hui, augmenter les taux d'impôts qui ne sont pas assis sur les bases correctes est inutile. Réhabiliter l'impôt, ce n'est pas demander à ceux qui paient de payer plus, mais de payer mieux, et faire en sorte que tous ceux qui peuvent payer paient.
Taxer tous les revenus, par exemple les revenus des activités financières, semble devenu nécessaire. Taxer les comportements polluants aussi. Mais j'ai quelques scrupules à évoquer la taxe carbone, car tout le monde en parle, et aussi car je ne crois pas, bien que le développement durable soit une préoccupation de tous les instants, que l'on doive rentrer dans une mode où le salut de tous et chacun se résume à cet adjectif "durable".
Il faut une fiscalite viable, mais durable, pourquoi? Demain, il faudra peut-être la changer. La durabilité est un concept qui allie le soutenable, ce qui fait lemoinde mal possible à l'environnement, et la durée. Mais le temps passe, les hommes, les sociétés passent. Ce qui reste, ce qui doit rester, c'est la planète, et l'humanité qui la peuple.
Quant à l'impôt en général, et pour en finir là dessus, aucun modèle n'est éternel, mais les principes qui fondent notre démocratie reposent sur les questions fiscales, consentement à l'impôt, contrôle, séparation des caisses...
Donc, réforme l'impôt, pour maintenir une certaine philosophie républicaine, ça s'impose.
23:13 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : république, impôts, dette, démocratie
22.10.2009
Gambetta, Clemenceau, Jaurès.
De grandes figures d'une république disparue, la IIIe. Des symboles de la République, de la France éternelle, celle qu'Abdoulaye Wade a vu dans le Président Jacques Chirac. Mais quels symboles? Car Gambetta, Clemenceau, Jaurès, ont bien défendu une même République, celle du triptyque Liberté Égalité Fraternité. Mais ils avaient des différences fortes, des oppositions, qui se sont transcrites dans la vie politique, les luttes parlementaires. Que de morceaux de bravoure oratoire ne nous ont-ils pas laissés! A côté, les petites phrases des Quatre Colonnes, ou du salon Henri IV, font pâle figure.
Ils avaient les même principes, et probablement le même idéal. Mais ils ne voulaient pas suivre le même chemin, le même rythme. Justice sociale et liberté, mais différemment. De son nuage bienveillant, Jaurès admirait le rêve qu'il formulait tous les jours, en se faisant le contempteur de la désolation. Désolation dans laquelle Clemenceau se débattait lui qui, trente ans auparavant, n'était pas tendre avec le réalisme d'un Gambetta. Sommes nous condamnés à passer de l'idéalisme au pragmatisme?
Je veux croire que face aux réformes iniques, aux réformes justes mais mal amenées, mal construites, et mal votées, il y a une alternative. Mais ne nous y trompons pas: cette alternative est éphémère. L'Union Sacrée a tenu le temps de la guerre, et l'unité du parti républicain s'est maintenue tant que la République n'était pas enracinée. Après, c'est un divorce inéluctable, où chacun reprend sa route et défend ce qui le différencie. Vouloir pérenniser cela plus longtemps que nécessaire, c'est tuer le débat, et à terme la démocratie.
Mais, comme dans toute séparation, partir trop tôt est aussi préjudiciable que partir trop tard.
16:07 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : république



