09.10.2009

Le retour de l'ordre moral?

Alors que se déchaînent encore les passions, médiatiques et politiques sur les délcarations de Frédéric Mitterrand, je me pose cette question que ma tradition libérale (j'insiste sur le mot, il faudra bien qu'on finisse par comprendre son sens en France), je m'interroge.

Non pas sur ce qu'il a fait, dit, ou écrit. Je m'interroge sur ce que peut dire Benoit Hamon, pour qui, en substance, écrire quelque chose sur le tourisme sexuel dans un roman, est scandaleux.

Va t-on devoir, après l'imprimatur ancien, mettre en place un comité de censure germanopratin? Où tout, de l'horreur de certaines plages thailandaises à la clope au bec de Chirac, sera gommé? Vous me direz, ce n'est pas la même chose, le degré est différent. Peut être, mais à des degrés différents, il y a la même logique, celle d'une société polissée, où parc contre, on tolère les jeux vulgaires de TF1, parce qu'on préfère montrer l'argent roi et le porno chic, plutôt que de lire la description de l'horreur.

Drôle de société, non?

30.09.2009

L'outrance s'impose

Quand on lit Le Figaro, on sait qu'on lit un journal de droite, qui soutient le gouvernement. On sait aussi à quoi s'attendre en ouvrant les pages Débats.

Pourtant, on est toujours surpris. Hier, en faisant ma revue de presse professionnelle, je suis tombé sur cette chronique édifiante d'Yves de Kerdrel: "Les impôts locaux font de la résistance", que je n'arrive plus à retrouver sur le site internet du Figaro.

 Autant de clichés en quelques lignes, c'est impressionnant. Il serait bon qu'un jour, qaund des journalistes essaient d'écrire sur les collectivités locales, il sortent de leurs bureaux parisiens, du fameux triangle d'Or. Non, messieurs, les villages de 200 habitants qui emploient six cantonniers ça n'existent pas, ou, pour reprendre une phrase fameuse du film Le Président  d'Henri Verneuil à propos des patrons de gauche: "ça ne constitue pas la majorité du genre".

 Lire que le gouvernement réforme la France (ça je veux bien l'admettre), mais que les collectivités locales ne font rien, si ce n'est entretenir une armée de fonctionnaires paresseux et  construire des bâtiments de marbre, c'est hilarant, mais aussi consternant. Chacun pense et écrit ce qu'il veut, mais on ne peut pas présenter un raisonnement que l'on croit fondé en utilisant la caricature.

Heureusement, le ridicule ne tue pas,, ni le lecteur, ni l'auteur. Enfin, dans cette histoire, rien n'est perdu, fors l'honneur.

 

 

20.09.2009

Le Forum: des idées, des questions

La place des Terreaux s'endort. L'Hôtel de Ville trône encore, vide, face à l'Opéra, dont les noirs couloirs se fondent dans la nuit lyonnaise. Pourtant, sous ces plafonds dorés, c'est la vie intellectuelle de notre époque qui s'est exprimée avec force pendant trois jours. Le Forum de Libération est achevé. Vingt ans après la Chute du Mur, c'était son thème.

 

Durant ces trois jours, j'ai pu assister, comme de nombreux autres, on dira csp+ malheureusement pour la plupart, à des débats d'un grand intérêt. Bien sûr on peut toujours penser qu'une heure et  demie, ça laisse passer l'essentiel. Que l'on n'a pas le temps d'aller au fond des choses. Il me semble au contraire que dans ce genre de débats, il est illusoire d'attendre des réponses techniques. Il faut venir là pour chercher des pistes de réflexion.

 

Si j'ai aimé le témoignage du Général Jaruzelski, et son débat face à Hubert Védrine, ce n'est pas seulement pour son intérêt historique, mais c'est surtout pour tout ce qu’il nous dit sur la difficulté de décider, sur le besoin de se justifier, sur la nécessité de regarder le contexte et pas seulement la surface.

 

Si j'ai aimé le débat entre Frédéric Mitterrand et Volker Schlondorff, c'est pour le témoignage impressionniste que chacun a pu apporter sur son Europe, sa vision de la culture européenne, et cette époque si particulière qu'est le moment qui a précédé la Chute du Mur.

 

Du débat Peyrelevade / Saint-Amans sur la crise financière, je retiendrai deux sentiments contradictoires: la satisfaction de comprendre que quelque chose de positif est vraiment en train de se passer sur le terrain des paradis fiscaux; l'idée qu’il existe des pistes pour éviter de nouvelles crises, mais qu'il est difficile de les imposer.

 

Peut-on enseigner la même histoire en France et en Allemagne, question complexe, entre les différences pédagogiques, les mémoires nécessairement dissemblables mais parfois concordantes, les éléments spécifiques.

 

Je retiendrai quelques dialogues drôles parfois entre Patrick Bloche et Jack Lang, dont le débat aura au moins montré qu'une partie de la classe politique, même experte des questions culturelles, s'est coupée de la réalité des nouveaux usages d'Internet.

 

Deux débats sur l’écologie, avec à chaque fois Gérard Collomb, et en face de lui Dominique Voynet ou Alain Juppé. C’est l’occasion de voir des Maires expliquer leur vision du développement durable, de son implication dans l’urbanisme, de ses actualités internationales.

 

Un moment que certains jugeront historique entre Bayrou et Hollande, les deux François, qui a confirmé les informations des dernières semaines. Cela ne fait pas une politique, mais constitue quelques-unes de ses fondations.

 

Bien sûr, quand des hommes politiques ou des intellectuels viennent dans ce genre de lieux publics, la nuée de courtisans et d’opportunistes apparaît. Chacun veut en profiter pour se montrer, et la parade commence. Une petite question au passage : n’en faisons nous pas tous un peu partie ?

 

On pouvait souhaiter obtenir des réponses précises sur tous ces sujets, et sur tous ceux que j’ai manqué (Europe, Moyen-Orient, abstention…) mais pour le libre arbitre, n’est-il pas appréciable d’avoir simplement de nouvelles questions à approfondir? Je ressors du Forum Libération avec l’envie de réfléchir, encore. C’est ça, être un Homme, penser par soi-même, refuser l’idée d’un supermarché de la pensée définitive, et préférer, en écoutant les tableaux intellectuels de ce week-end, constituer sa propre fresque.

11.09.2009

UR II De la stratégie aux régionales

Pour moi, les élections régionales ont un goût particulier. C'est eneffet résolument aà  la suite des élections de 1998, de ce qui s'était passé autour de Charles Millon, puis de l'arrivée d'Anne Marie COmparini à la tête de la région, que je me suis intéressé à la famille politique centriste.

C'est encore les Régionales de 2004  qui constituent ma première expérience du militantisme, ayant adhéré à l'UDF à l'automne 2003.

Il me parrassaient normal que l'Université de Rentrée du Mouvement Démocrate débattît des affaires régfionales.

C'est ce que j'ai fait à titre individuel, en animant un atelier sur le Job de Conseiller Régional, avec Bernard Lehideux et Paul Bouriat. D'autres ateliers ont eu lieu dans le week end, sur les politiques menées par les Régions.

Mais ce qui a retenu l'attention des observateurs, ce sont les grandes manoeuvres en vue de l'élection de Mars 2010. Après les déclarations de Marielle de Sarnez à Marseille, François Bayrou était attendu. Il a proposé une ligne d'autonomie, au premier tour. Il a rappelé également sa volonté de construire l'alternance avec les forces politiques prêtes au dialogue. Tout cela me va, et si l'on parle de virage à gauche, je réponds qu'il n'y a rien de bien nouveau dans ce discours. Nous restons centristes, et même, quand on relit le discours en détail on y trouve des réminiscences démocrates chrétiennes.  Mais aussi pas mal d'éléments du solidarisme de Léon Bourgeois.

Azouz Begag serait le candidat pressenti pour être la tête de liste en Rhône Alpes. C'est un bon choix, car il dispose d'une bonne image médiatique, il peut permettre au MoDem d'obtenir un bon score.

Il est vrai qu'Azouz est un écrivain et intellectuel brillant. Il n'a peut-être pas les habitudes des vieux routiers de campagne électorales. Et alors? Avec une équipe motivée, et nous l'avons, il sera excellent.

Il reste maintenant, avant d'organiser la campagne de terrain, à bâtir un projet, et à assurer la rencontre entre Azouz Begag et les militants rhonalpins. En avant.

 

 

09.09.2009

Sauvons le CNP Odéon

Je ne suis pas un grand spécialiste du cinéma, mais j'aime voir des films anciens ou peu connus. Mais apprendre que le CNP Odéon ferme me scandalise. D'un point de vue culturel comme du point de vue social.

Les CNP ont une programmation exigeante, qui permet à de jeunes réalisateurs de trouver un public. L'Odeon, avec sa programmation de films anciens servait aussi d'antichambre, pour le public, vers ces artistes plus récents.

Je n'ai rien contre les multiplexes et les blockbusters, mais on ne devient pas un réalisateur multioscarisé d'un coup, il faut bien commencer quelque part. Dans la ville des Frères Lumières, il faut conserver des salles d'art et d'essai. C'est l'assureance d'avoir une culture complète, qui permette l'épanouissement des hommes et des femmes de Lyon et de ses environs. Et puis, la culture on le sait,  a un coût, mais pas de prix. Je comprends qu'un entrepreneur souhaite gagner de l'argent, et n'aime pas en perdre. Mais ce pan de la culture que nous sommes en train de perdre ne vaut-il vraiment rien?

Au niveau social, il est totalement odieux d'avoir démonter l'intérieur du cinéma en douce pendant l'été. La propriété est un droit de l'homme, certes, mais la dignité me semble l'être aussi. Comment se sentir digne quand on arrive le matin et qu'on trouve son lieu de travail désert? C'est un comportement irresponsable visà-vis des salariés et de la société dans son ensemble. Or, même dans une économie de marché, il est important de prendre en compte le contexte dans lequel on évolue.

Je ne peux me résoudre à renoncer, à laisser faire. Je vous invite, ainsi que je l'ai fait, à laisser un message, à signer la pétition du comité de soutien sur: http://www.soutenirlescinemascnp.org/.