04.11.2009

La perte des valeurs

L’ouverture actuelle c’est « Sois de gauche et tais-toi », ou « Sois issue de la diversité et tais-toi ». J’adore les périphrases dans lesquelles notre monde s’enferme.

Rama Yade a exprimé ses doutes sur un amendement voté à l’Assemblée visant à supprimer un avantage fiscal pour les sportifs (à mon avis elle a eu tort, mais ce n’est pas le sujet du jour). Du coup, ses camarades s’en donnent à cœur joie pour la critiquer. Il y avait déjà eu l’affaire de son transfert électoral des Hauts-de-Seine vers le Val d’Oise, où selon une élue UMP, elle ferait plus « couleur locale ».

Pour rajouter au cliché voici que le Parti Socialiste, décidément en très grande forme, a décidé de lui « accorder le droit d’asile ». S’il est malin de la part du PS d’essayer d’attirer à lui des gens déçus de la majorité, et de jouer sur les divisions de celle-ci, on peut quand même se poser des questions. Avec les cris que ce parti pousse depuis des semaines contre le débat (bien inutile il est vrai selon moi) sur l’identité national, le voilà qui accorde un « droit d’asile ». Est-ce de l’ironie ?

Je vais poser une question provocante. Si Rama Yade n’était pas née à Dakar, de couleur noire, le PS aurait-il utilisé cette expression ?

On savait que dans un monde globalisé les politiques économiques et sociales sont difficilement divergentes entre la droite et la gauche. On savait moins qu’à force de perdre ses repères à force de signer des pétitions contre tout et n’importe quoi, le PS avait perdu ses propres repères moraux. Une course à l’échalote de l’identité nationale ? Qu'on ne me dise pas qu'il s'agit là d'un asile politique simple.

On voit très bien le parallèle malsain avec les débats sur l'immigration.

A force de donner dans le politiquement correct, le Parti Socialiste s’est pris les pieds dans le tapis, et donne maintenant dans la polémique absurde. A force d’attendre Godot, la cantatrice socialiste est devenue chauve. Sous son crâne ne poussent plus que des toiles d’araignées.