27.10.2009
Réhabiliter l'impôt
Un jour, à force de dire que la dette se creuse de 700 millions chaque jour, que le pays court à la faillite, qu'il faut faire des économies, il faudra peut-être revenir à la réalité.
Et la réalité quelle est-elle? Elle est simple. Quand la dette augmente, c'est que les dépenses sont trop fortes par rapport aux recettes. Alors, on peut revoir les politiques publiques, à travers toutes les RGPP, évaluer, noter, récompenser, sanctionner, diminuer les budgets, les augmenter, jouer au yo-yo avec les chiffres d'une année sur l'autre.
Toutes ces politiques révolutionnaires ne changeront pas grande chose, si l'on ne regarde pas le volet recettes.
Pas seulement pour créer de nouvelles niches fiscales pendant qu'on en supprime d'autres, pas seulement pour augmenter les prélèvements qui existent.
Une vraie politique originale devrait se départir de ces réflexes dépassés. Un homme politique doté d'une vision de long terme, embrassant tous les champs de compétences du pouvoir politique, bref, un homme d'Etat, serait celui qui proposerait une fiscalité nouvelle, totalement boulerversée. L'impôt sur le revenu fut l'un des points centraux pour le Parti Radical, il lui fallut des années de pouvoir pour le mettre en oeuvre (d'ailleurs, c'est peu après que ce parti a commencé à connaître des problèmes, car son programme de départ était réalisé).
Aujourd'hui, les recettes fiscales n'ont pas le dynamisme suffisant, face à un monde globalisé, où les évolutions brutales de la conjoncture nécessitent une adaptation rapide. Aujourd'hui, augmenter les taux d'impôts qui ne sont pas assis sur les bases correctes est inutile. Réhabiliter l'impôt, ce n'est pas demander à ceux qui paient de payer plus, mais de payer mieux, et faire en sorte que tous ceux qui peuvent payer paient.
Taxer tous les revenus, par exemple les revenus des activités financières, semble devenu nécessaire. Taxer les comportements polluants aussi. Mais j'ai quelques scrupules à évoquer la taxe carbone, car tout le monde en parle, et aussi car je ne crois pas, bien que le développement durable soit une préoccupation de tous les instants, que l'on doive rentrer dans une mode où le salut de tous et chacun se résume à cet adjectif "durable".
Il faut une fiscalite viable, mais durable, pourquoi? Demain, il faudra peut-être la changer. La durabilité est un concept qui allie le soutenable, ce qui fait lemoinde mal possible à l'environnement, et la durée. Mais le temps passe, les hommes, les sociétés passent. Ce qui reste, ce qui doit rester, c'est la planète, et l'humanité qui la peuple.
Quant à l'impôt en général, et pour en finir là dessus, aucun modèle n'est éternel, mais les principes qui fondent notre démocratie reposent sur les questions fiscales, consentement à l'impôt, contrôle, séparation des caisses...
Donc, réforme l'impôt, pour maintenir une certaine philosophie républicaine, ça s'impose.
23:13 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : république, impôts, dette, démocratie
22.10.2009
Gambetta, Clemenceau, Jaurès.
De grandes figures d'une république disparue, la IIIe. Des symboles de la République, de la France éternelle, celle qu'Abdoulaye Wade a vu dans le Président Jacques Chirac. Mais quels symboles? Car Gambetta, Clemenceau, Jaurès, ont bien défendu une même République, celle du triptyque Liberté Égalité Fraternité. Mais ils avaient des différences fortes, des oppositions, qui se sont transcrites dans la vie politique, les luttes parlementaires. Que de morceaux de bravoure oratoire ne nous ont-ils pas laissés! A côté, les petites phrases des Quatre Colonnes, ou du salon Henri IV, font pâle figure.
Ils avaient les même principes, et probablement le même idéal. Mais ils ne voulaient pas suivre le même chemin, le même rythme. Justice sociale et liberté, mais différemment. De son nuage bienveillant, Jaurès admirait le rêve qu'il formulait tous les jours, en se faisant le contempteur de la désolation. Désolation dans laquelle Clemenceau se débattait lui qui, trente ans auparavant, n'était pas tendre avec le réalisme d'un Gambetta. Sommes nous condamnés à passer de l'idéalisme au pragmatisme?
Je veux croire que face aux réformes iniques, aux réformes justes mais mal amenées, mal construites, et mal votées, il y a une alternative. Mais ne nous y trompons pas: cette alternative est éphémère. L'Union Sacrée a tenu le temps de la guerre, et l'unité du parti républicain s'est maintenue tant que la République n'était pas enracinée. Après, c'est un divorce inéluctable, où chacun reprend sa route et défend ce qui le différencie. Vouloir pérenniser cela plus longtemps que nécessaire, c'est tuer le débat, et à terme la démocratie.
Mais, comme dans toute séparation, partir trop tôt est aussi préjudiciable que partir trop tard.
16:07 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : république
18.10.2009
Penser, écrire, et dormir
Parfois on ne sait qu'écrire, ni que dire. Parfois les mots, les idées, manquent, et pourtant l'envie d'écrire est là. Rien ne meurt plus vite qu'un principe qui n'est pas couché sur le papier ou sur l'ordinateur. Demain, une autre idée chassera l'éclair de lucidité. Quelques idées toutefois, en vrac, comme on dit:
De la difficulté de rénover la politique: tout le monde n'est pas Sun Tzu, ou Machiavel, ou Richelieu. La première chose à apprendre quand on veut faire de la politique, c'est que la politique, c'est d'abord une pratique. Rien de durable ne se construit dans l'instant. Il faut du temps. Les vocations de théoriciens de la politique sont légion. Ce qui est difficile avec la vocation, c'est qu'elle n'implique pas le talent.
De l'ego en politique: il est nécessaire, mais est l'un des principaux problèmes de la politique collective, au sens de vie politique, et de la politique individuelle, au sens d'ambition politique personnelle. Il y a deux types d'hommes politiques: les petits qui se veulent grands, les grands qui veulent se faire petits. C'est l'Histoire qui juge, et souvent, l'Histoire, ce sont les vainqueurs qui l'écrivent.
Deux ecueils à la politique: l'excès de lucidité, qui pousse au scepticisme, et donc au mutisme; l'excès d'idéalisme, qui rend aveugle, sourd, dangereux.
Il est bientôt une heure du matin. La nuit, le rideau, tombent.
01:02 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique
13.10.2009
L'élitisme républicain
Beau principe que celui-ci : les charges et les offices ne sont plus ni vénales, ni héréditaires. Pour peu qu’il remplisse les conditions, chacun peut, selon ses mérites, exercer telle ou telle fonction.
Mais voilà que dans son désir de rupture, Nicolas Sarkozy met à bas ces idées.
Or, quand on rompt avec un progrès, on appelle ça une régression.
La probable élection de Jean Sarkozy à la tête de l’EPAD en fait partie. Vous me direz, c’est une élection, il tient sa légitimité des électeurs, des citoyens. Certes, mais la République, même si c’est injuste, est incompatible avec les dynasties. Oui, je le clame haut et fort, un fils de Président peut se présenter aux élections, et être élu. Mais, comme l’a dit le député UMP Jacques Myard, la politique c’est aussi la subtilité, et même si Jean Sarkozy est très brillant, plus que son père au même âge selon Patrick Devedjian, il devrait apprendre la patience. C’est dommage, mais c’est comme ça : en République, on ne peut pas prêter le flanc aux accusations de népotisme, et l’ascension d’un père empêche celle des enfants au moins temporairement, surtout si ça se passe sur le territoire du père. Car l’affaire serait moins grave si l’on n’était pas là en présence d’un fief.
Enfin qu’on se rassure, Nicolas Sarkozy a montré tout son attachement à l’élitisme républicain dans son discours sur la réforme du lycée. Ce beau discours serait plaisant s’il n’était ridicule vu le contexte.
Il est des moments, en politique, où tout va mal. D’ici à ce que Dominique de Villepin soit acquitté, ou pire, condamné et décrit comme une victime d’un procès politique…
22:41 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, de villepin
09.10.2009
Le retour de l'ordre moral?
Alors que se déchaînent encore les passions, médiatiques et politiques sur les délcarations de Frédéric Mitterrand, je me pose cette question que ma tradition libérale (j'insiste sur le mot, il faudra bien qu'on finisse par comprendre son sens en France), je m'interroge.
Non pas sur ce qu'il a fait, dit, ou écrit. Je m'interroge sur ce que peut dire Benoit Hamon, pour qui, en substance, écrire quelque chose sur le tourisme sexuel dans un roman, est scandaleux.
Va t-on devoir, après l'imprimatur ancien, mettre en place un comité de censure germanopratin? Où tout, de l'horreur de certaines plages thailandaises à la clope au bec de Chirac, sera gommé? Vous me direz, ce n'est pas la même chose, le degré est différent. Peut être, mais à des degrés différents, il y a la même logique, celle d'une société polissée, où parc contre, on tolère les jeux vulgaires de TF1, parce qu'on préfère montrer l'argent roi et le porno chic, plutôt que de lire la description de l'horreur.
Drôle de société, non?
17:22 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mitterrand, censure



