13.08.2009
Question de générations
Il est une génération sans rêves. Une génération qui n’espère rien que de maintenir son niveau de vie actuelle. Quelques marques sur le dos et des jeux vidéos au bout des doigts. Cette génération c’est la mienne. Née dans la crise, elle n’a connu que ça, ou presque. Histoire de perceptions, car tout n’allait pas si mal durant ces années. Mais à l’heure d’Internet, de la télévision allumée sans discontinuer, les malheurs du monde frappent nos yeux comme s’ils se déroulaient au coin de la rue. Demain, ou plutôt après demain, nous serons au pouvoir. Nous hériterons d’une société bloquée, consciente de ses possibilités, et nous serons incapables de les assumer. Pessimiste, direz-vous ? Soyons justes, cette génération n’en est pas une. Elle représente la partie la plus importante de ma tranche d’âge. Celle qui n’a pas eu la chance, ou parfois, mais moins souvent, l’envie, de faire un bac+5 et de partir un an en Erasmus. Celle pour qui Internet, ce sont les jeux en lignes plus que les blogs.
Une génération qui, depuis son entrée sur le marché du travail, connaît la précarité, les petits boulots, ou l’attente interminable d’une offre en correspondance avec sa formation, ce diplôme qui selon les parents devait conduire immanquablement à une "bonne situation ".
Une génération pour qui l’engagement politique reste tout aussi mystérieux que les sectes. Pourquoi perdre son temps à défendre des idées, des candidats qui ne se préoccupent pas de nous ?
Une génération qui n’a pas conscience d’elle-même, composée d’individus, dépourvus de liens entre eux.
En face une génération qui prétend parler pour toute la classe d’âge, qui a la tête pleine des souvenirs de son année à l’étranger, de grands principes tagués sur les murs de la fac, ou suprême révolte, gravés sur les portes des toilettes. Une génération capable d’alterner Spinoza et une journée de jeux vidéos. Qui lit les médias citoyens et qui se révolte à intervalles réguliers, contre les grèves, ou, selon les opinions, contre les expulsions de sans-papiers. Une génération aux jugements définitifs éphémères. Une génération pour qui l’horizon est de gagner ce que le directeur de l’école de commerce a promis aux nouveaux élèves le jour de leur entrée en première année. Il avait oublié de préciser que la conjoncture est par essence instable.
Cette génération, c’est la mienne, celle de jeunes déjà notabilisés, qui seront déçus très rapidement, et qui ne garderont de leur jeunesse révoltée que deux ou trois affiches anarchistes et un keffieh.
Portraits en miroir d’une société fragmentée, ces deux extrêmes ne sont que des instantanés partiels et partiaux, mais tellement proches d’une certaine réalité.
Au temps du bottox, la jeunesse ne se mesure plus à l’aspect du visage (sauf à regarder les traces de lifting derrière les oreilles). Elle ne se mesure que difficilement à l’âge. Un ouvrier de vingt-deux ans, père de deux enfants, est-il vraiment plus jeune qu’un éternel adolescent bobo de quarante ans ?
14:23 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jeunesse
10.08.2009
Lyon au mois d'août
La chanson d'Aznavour, "Paris au mois d'août", est bien connue. C'est vrai qu'on apprécie cette ville quand les rues sont moins encombrées (de là à dire que j'aime Paris sans les parisiens...). Mais Lyon au mois d'août, c'est aussi une atmosphère différente, surtout si l'on est en vacances. Le calme des rues nous fait encore plus la douceur de vivre dans cette ville. Quelques pas au Parc de la Tête d'Or et la nature est là.
Lyon au mois d'août, se laisse admirer, découvrir, aimer, En fait, Lyon au mois d'août, c'est une occasion d'aller voir des expositions, faire quelques nouveaux restaurants, oublier -un peu- la politique, même si elle ne nous oublie pas.
Toutes les villes sont belles au mois d'août, ce mois est un peu à part. La vie, même quand on travaille, nous paraît ralentie. Un peu comme la performance de l'OL lors de son premier match...
20:12 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lyon
09.08.2009
Le centrisme, bête noire des démocrates?
Depuis les Européennes (c'était déjà le cas avant, dans une moindre mesure), le grand sport des blogueurs des démocrates est l'introspection.
Pourquoi de tels résultats ?! Quel sens donner à l'échec alors que notre projet est le meilleur ? La France est-elle sarkozyste ?!
Autant de questions sans réponses. Car la raison principale est là sous nos yeux: c'est le centrisme, ou plutôt les centristes. Comme dans toute crise, on cherche un bouc émissaire, et il est tout trouvé. Remarquez, depuis la création du MoDem, il a porté beaucoup de chapeaux le centriste. Parce que lui, le dinosaure qui a parfois connu l'UDF, il ne peut pas être sincère. Que l'on réfléchisse un peu et l'on verra qu'une telle posture, en plus d'être fausse, n'est pas démocrate. L'esprit de responsabilité doit animer les démocrates, pour constituer une alternative politique crédible.
Bien pire, on véhicule des clichés sur les centristes et le centrisme, sans oublier de récupérer quelques figures du Centre, tel Monnet et Schuman, qui, auréolés de leur prestige historique mérité, sont placés à côté de centristes actuels pour mieux décridibiliser ces derniers.
En écrivant ces lignes je n'éprouve que mépris et consternation. Comment se réclamer de la dynamique de rassemblement voulu par François Bayrou depuis 2007 et ostraciser certains militants ? En quoi un militant peut dire qu'un autre n'est pas démocrate ? En quoi peut-il dire que le centrisme n'est pas démocrate ? Il peut le dire, tout le monde peut dire n'importe quoi, mais ça n'implique pas que ce soit vrai, heureusement.
Je suis centriste et démocrate, et il n'y a pas de problème là dedans, c'est compatible.
Je ne crois pas que la gauche ou la droite aient les réponses aux questions que la société se pose.
Je ne crois pas qu'en opposant deux, trois, visions de la société, ou d'avantage, nous trouverons un chemin pour la France.
Je ne crois pas qu'il y ait d'un côté les Sarkozystes, entendez la Droite (prononcez avec un tremblement dans la voix), et de l'autre l'alternance, une force composée de gens de bonne volonté, prêts à s'unir pour battre Sarkozy en 2012.
Je ne crois pas aux Etats Généraux de l'Opposition, ça s'est fait en 1989 entre le RPR et l'UDF. Ces deux partis ont fini par gagner mais quatre ans après, pas sur un projet, mais sur un rejet, celui des Affaires du PS. Autant dire qu'il était inutile de se réunir en 1989.
Je ne crois pas qu'il soit bon pour un parti de se tourner inévitablement vers un vainqueur pour faire des alliances : à ce titre tourner la tête vers les Verts dès le lendemain des Européennes, sous prétexte qu'ils proposent autre chose que le PS ou l'UMP, et qu'ils ont fait un bon score, n'est pas une démarche politique pertinente. Défendre le développement durable n'implique pas de s'allier avec les Verts, j'ai de multiples exemples pour dire qu'ils ne sont pas les mieux placés pour en parler.
Au contraire, je crois qu'il y aune place pour un projet Démocrate, qui n'oppose pas les bons et les méchants, qui permet le dialogue. En 2012, c'est sans doute mon côté centriste, je souhaite que des gens qui sont sarkozystes aujourd'hui décident de nous rejoindre. Vous me direz que ce sont des opportunistes ? Je répondrai qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Et je n'ai pas signé des pétitions contre les tests ADN pour finir par réclamer des tests de pureté démocrate.
Je crois qu'il faut que plusieurs visions de la société s'affrontent dans le cadre électoral, et qu'ensuite, les élus s'entendent, pour faire vivre le pluralisme au sein du gouvernement. Utopie ? Non, ça se fait, si on le veut. Je ne me bats pas contre l'"Etat UMP" pour construire un "Etat MoDem" demain.
Je crois que la gauche et la droite, même dépassées, existent bel et bien, et que dans un tel paysage politique, si l'on se place au-dessus, on ne peut être qu'au Centre.
Un dernier cliché sur le Centre : le fameux centre mou. Le centre est mou quand il choisit des stratégies électorales non pas en fonction du projet mais de la possibilité d'exister. Le Centre a dans son bilan politique, la construction de la sécurité sociale, le nouveau modèle de l'Après-Guerre, à travers le CNR, l'Europe. Pour bâtir de tels systèmes, il fallait des hommes prêts à franchir leurs frontières, ce ne pouvaient qu'être des centristes. Et ils étaient démocrates.
Il y a quelque chose de révoltant dans la dévotion à certaines personnalités du centrisme quand elle s'associe à la caricature et au dénigrement de leur famille politique. On dirait du suicide. Mais pour cela, il faudrait une conscience.
16:54 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, centre, bayrou
07.08.2009
Le Luberon
Je rentre d'une semaine dans le Luberon. Pas facile de se défaire des clichés. D'abord parce que, c'est vrai, cette région est magnifique. Parce que les villages perchés sont tous uniques. Parce que j'ai toujours aimé le contraste, voir un bar lounge à côté d'un lavoir, c'est surprenant, mais aussi sympathique. Par certains côtés, le Luberon, c'est le 6e arrondissement parisien transposé en Provence. Un peu de Saint Germain des Prés au milieu des champs de Lavande. Quelques cars de touristes, mais aussi quelques Maseratis...
Surfait? Non, ou alors dans certains endroits peut-être. Repaire d'une partie de notre intelligentsia Bobo, il faut, pour mieux l'apprécier, s'arrêter quelques instants. Il n'est pas besoin de réfléchir longtemps pour savoir ce qui a poussé Camus, Bosco, et tant d'autres à s'y établir. Une ambiance particulière fait que l'envie d'écrire vient très rapidement, et pour ne pas y succomber, il faut toute la force des vacances.
Une grande envie d'y retourner...
11:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



