25.07.2009

Décès de Francisque Collomb

Francisque Collomb est décédé hier à près de 99 ans. Maire de Lyon de 1976 à 1989, il a contribué à faire changer la ville. Dans un autre style, plus polissé, moins bétonneur que son prédécesseur Louis Pradel. Dans un style moins flamboyant que son successeur Michel Noir. Lentement, mais sûrement, il a marqué la ville. Gare de La Part Dieu, continuation du Métro, Eurexpo, Institut Lumière, Pont Winston Churchill, démarrage du quartier de Gerland, venue d'Interpol, impulsion de la Cité Internationale: autant de réalisations qui ont vu le jour ou débuté sous ses mandats. Francisque Collomb (sans rapport familial avec Gérard Collomb),  fut aussi sénateur du Rhône de 1968 à 1995, dans le groupe Union Centriste.

Discret, peu connu, peu reconnu, il mérite notre respect.

21.07.2009

Sécurité et Liberté

            (Article écrit pour le blog Générations engagées)

 

Sécurité et Liberté, c’est le nom d’une loi de 1981, qui avait fait débat en son temps. Vingt-huit ans la sépare de notre été 2009, et pourtant, la question demeure centrale.

            Il existe tant de lois sur la sécurité que l’on ne pourrait les énumérer ici. Surtout, ces dernières années, le phénomène s’est accéléré qui conduit à voter une nouvelle lois alors que la précédente n’a pas encore été évaluée, ou plus simplement, mise en application.

            Le discours  commun consiste à dire que la sécurité est la première des libertés. Il est vrai qu’être libre de ses allers et venues est un progrès tout relatif si l’on risque l’agression à chaque coin de rue. Pour autant, l’exigence de sécurité tourne parfois à l’obsession, et à la manipulation politicienne.

 

            Que peut faire une politique démocrate pour garantir la sécurité et les libertés ?

            Car c’est bien la question de l’équilibre entre les deux qui se posent. Une répression forte règle les problèmes, au moins temporairement, mais en crée d’autres. Elle produit des bavures, d’un climat d’impunité des forces de l’ordre, une logique de performance qui peut conduire à des arrestations arbitraires. Mais ne rien faire de peur d’attenter aux libertés serait au final contre-productif pour celles-ci.

            Alors, si l’on raisonne en démocrate, c'est-à-dire en remettant l’Homme, la personne, au cœur du système on s’aperçoit que la liberté est une condition fondamentale de l’épanouissement de l’individu, tant sur le point de vue politique, social, moral, qu’économique. Si l’on regarde maintenant la sécurité, on voit qu’elle ne concerne pas simplement les attaques, les vols… La sécurité c’est un ensemble, c’est ce qui fait que l’Homme se sent libre d’exprimer sa liberté, sans risquer  autre chose que ce qu’il met au départ. La sécurité, c’est donc également une question économique et sociale.

           

            On ne peut penser la sécurité sans voir que les agents économiques, dans l’échange, ont besoin d’un socle. L’échange, même libre, ne peut pas réellement s’épanouir dans le vide immaculé du marché sans bornes, tout comme il ne peut pas se développer dans une société engoncée.

            On ne peut penser la sécurité sans voir que l’angoisse de la mort et de la maladie peuvent priver la société de ses meilleures énergies, et qu’à ce titre, il est légitime de mettre en place un système de sécurité sociale non pour annihiler la responsabilité individuelle, mais pour garantir une bouée de secours en cas d’accident de la vie.

            Le mirage de la liberté absolue, ce monde où chacun ferait ce qu’il veut sans nuire à autrui, n’a pas de chances de se réaliser.

            En même temps, une société ultra sécuritaire, quelque soit le domaine, est invivable. Une trop grande sécurité socio économique conduit à la création de monopoles et de privilèges, pas toujours justifiés ni efficaces. En matière délinquance, la société ultra sécuritaire abouti à un verrouillage qui est la négation de la liberté et de la responsabilité individuelles. Un exemple, les arrêtés de couvre-feu. N’est-il pas terrible que les pouvoirs publics en viennent là alors que c’est d’abord aux familles d’empêcher les jeunes de sortir le soir ?

 

            On touche là un dernier point essentiel dans l’analyse des politiques de sécurité : le contexte social. Il n’excuse rien, il ne justifie rien. Il permet toutefois de comprendre. Une politique démocrate en matière de sécurité, doit prendre l’Homme dans sa globalité : sanctionner réellement l’acte, mais essayer d’en comprendre les raisons, afin de les prévenir.

Surtout, un politique démocrate doit avant tout se garder de généraliser ce qui n’est qu’une somme de comportements individuels.