18.10.2009

Penser, écrire, et dormir

Parfois on ne sait qu'écrire, ni que dire. Parfois les mots, les idées, manquent, et pourtant l'envie d'écrire est là. Rien ne meurt plus vite qu'un principe qui n'est pas couché sur le papier ou sur l'ordinateur. Demain, une autre idée chassera l'éclair de lucidité. Quelques idées toutefois, en vrac, comme on dit:

De la difficulté de rénover la politique: tout le monde n'est pas Sun Tzu, ou Machiavel, ou Richelieu. La première chose à apprendre quand on veut faire de la politique, c'est que la politique, c'est d'abord une pratique. Rien de durable ne se construit dans l'instant. Il faut du temps. Les vocations de théoriciens de la politique sont légion. Ce qui est difficile avec la vocation, c'est qu'elle n'implique pas le talent.

De l'ego en politique: il est nécessaire, mais est l'un des principaux problèmes de la politique collective, au sens de vie politique, et de la politique individuelle, au sens d'ambition politique personnelle. Il y a deux types d'hommes politiques: les petits qui se veulent grands, les grands qui veulent se faire petits. C'est l'Histoire qui juge, et souvent, l'Histoire, ce sont les vainqueurs qui l'écrivent.

Deux ecueils à la politique: l'excès de lucidité, qui pousse au scepticisme, et donc au mutisme; l'excès d'idéalisme, qui rend aveugle, sourd, dangereux.

Il est bientôt une heure du matin. La nuit, le rideau, tombent.

20.06.2009

Internet, la transparence, et la démocratie

Internet est le grand progrès technologique de ces dernières années. C'est même devenu un lieu commun que de le dire. Pourtant on insiste peu sur sa portée. Internet c'est l'imprimerie de notre époque. Et cela entraînera les même conséquences sur le mouvement des idées. Bien sûr, tout ceci est encore informe, il n'y a pas encore de courant vraiment structuré, en termes politiques, issu d'Internet.

En revanche de nombreuses questions font irruption dans le débat public par la Toile. Et elles se répandent dans l'opinion rapidement. Comme une traînée de poudre. Comme un écran de fumée aussi parfois : très prenant au début, avant de s’évaporer devant une nouvelle polémique. Une idée chasse l'autre, et ce qui était intéressant hier ne le sera plus demain. Les évolutions technologiques rapides n'y sont pas pour rien : il faut être à la page, le matériel est toujours plus performant, toujours plus petit.

Il est facile de mobiliser des groupes pour une cause dans un délai très rapide que ne permettaient pas les tracts et autres affiches.

Tout au moins, on le croit. Car ce n'est pas l'un des paradoxes les moins graves d'Internet, que d'être, du point de vue politique en tout cas, une affaire d'initiés. Outil de la démocratie, il est le jouet de quelques élites. Développer son usage, et pour cela son accès égal sur le territoire, c'est faire avancer la démocratie. Après la trop fameuse fracture sociale, d'aucun évoquent une fracture numérique. Par delà l'effet de communication, c'est une réalité cruelle. A l'heure du premier Président Facebook, quand les dossiers se succèdent à la vitesse des Mega-octets, être absent de ce monde, dont la virtualité est un mirage, c'est être invisible, un peu plus encore, aux yeux des responsables politiques, économiques, sociaux.

Avec Internet, c'est aussi une des bases de la démocratie qui se trouve pourtant affaiblie.

En effet les réseaux sociaux, les blogs, la capacité pour chacun de trouver un nombre incalculable d'informations personnelles et anciennes sur n'importe quel citoyen détruit la distinction entre l'espace public et l'espace privé. L'existence d'un espace privé dans lequel chacun s'épanouit, une intimité protectrice garantit un débat sur le fond dans l'espace public. Si tout est mélangé, si les frontières n'ont plus de sens, alors la politique cesse d'être un combat pour l'intérêt général. Elle donne une place inconsidérée aux egos, nous ramène dangereusement à l'époque d'un souverain absolu, qui mettait en scène sa propre vie. Mais à cette époque, avec la théorie des deux corps du Roi, le corps politique et le corps physique, la mort du second n'impliquait pas la mort du premier.

Avec la disparition de la distinction espace public/espace privé (on peut dire peopolisation, c'est plus à la mode, mais un peu réducteur du point de vue conceptuel), notamment par la faute d'Internet, mais aussi de l'univers médiatique en général, et des responsables politiques eux -même, la disparition de la figure de papier glacé crée le désarroi sur l'avenir de ses idées. Or le propre d'un courant politique est de survivre aux hommes, à leurs vicissitudes, et aux partis.

Cette transparence est aussi un obstacle à la morale politique. Ne craignons pas les paradoxes. Si tout est transparent, il n'y a plus de conflit d'intérêt. Si l'Affaire des Fiches, les Chèques de Panama, ont créé des scandales, c'est parce qu'on a dévoilé un secret. Aujourd'hui, tout se fait en plein jour. Un ami est nommé à un poste important? On le justifie par le côté naturel de l'aide apportée à un ami. Il n'y a plus de différence entre les sentiments personnels et l'éthique du responsable politique. L'Homme Politique est avant tout un homme c'est vrai. Mais doit-il laisser ses turpitudes humaines masquer sa vocation politique?

Le citoyen devrait comprendre que se déterminer sur les aspects privés d'un candidat entraîne l'acceptation de son programme, qui lui ne sera jamais adapté au format demandé. Et d'un Internet source de libération d'information, et de démocratie, on glisse vers un Internet vecteur de la servitude volontaire des peuples.

 

09.04.2009

Le passé à travers la passoire politique

Jean Marie Le Pen a encore occupé le devant de la scène, ces derniers jours, avec ses déclarations sur le détail et les chambres à gaz. Des mots inacceptables.

Ces événements nous rappellent que l'Histoire est toujours l'objet d'interprétations et de récupérations politiques, et même politiciennes.

Se réclamer des morts est toujours une bonne idée lorsqu'on a du mal à trouver sa légitimité auprès des vivants. Appeler les grands anciens, se faire sacrer sous les colonnes du Panthéon. Les exemples ne manquent pas, sans forcément tomber dans le révisionisme et le négationisme. Tous les hommes politiques utilisent l'Histoire. Elle donne du corps au message, l'inscrit dans une durée, lui donne un côté sérieux. Souvenons nous du débat sur les effets positifs de la colonisation. Souvenons de la question des lois mémorielles. Cette tentation de réécrire l'Histoire, on la retrouve aussi chez Napoléon III qui glorifie Vercingétorix.

De multiples communautés militent pour la reconnaissance des événements dramatiques vécus par leurs ancêtres. C'est une manière cathartique de réaliser une unité que le temps a parfois usée. C'est aussi un moyen de ne pas oublier, et ce n'est pas condamnable.

Le politique doit alors prendre garde à ne pas tomber dans l'usage politicien, qui consiste à prendre sa décision en fonction des seuls intérêts électoraux représentés par une telle communauté.

En fait on est là au cœur du débat entre mémoire et histoire. La mémoire, c'est subjectif, c'est ce que vivent les témoins ou leurs descendants. En ce sens, la victime et le bourreau ne raconteront jamais les événements de la même manière, et il ne faut pas en attendre la vérité absolue. Mais elle marque l'inconscient collectif, elle est transmise dans les familles et s'imprime donc très tôt dans les esprits.

L'Histoire se veut plus scientifique, analyse, utilise la mémoire aussi. Bien évidemment, rien n'est parfaitement certain. L'historien, aussi honnête soit-il, peut être trompé par les sources orales ou écrites qu'il examine.

Les armoires de fer regorgent de secrets. Elles renferment aussi des tas de documents sans aucune valeur que celle que leurs auteurs leur attribuaient à l'époque. Mais aujourd'hui, ils ne serviraient à rien.

Entretenir le fantasme autour de ces secrets est très utile. C'est aussi populiste.

Que dirait Jaurès ? Que voterait-il? On n'a jamais cité autant de noms illustres que lors de la campagne présidentielle de 2007. Mais il ne suffit pas de citer de grands noms et de paraphraser les grands moments de notre Histoire, pour pouvoir y entrer par la grande porte.

Utiliser l'Histoire, c'est aussi vouloir récupérer une tradition politique pour son propre compte, par des analogies. C'est enfin, et c'est le plus courant, relire l'histoire à l'aune de ses ambitions, oublier ce qu'on a été et tout sacrifier sur l'autel de l'homme nouveau, du parti nouveau, expliquer que tout ce qu'on fait est bien dans la ligne de ce qu'on a entrepris depuis toujours, que tout s'explique par une vocation, un chemin qui bien que tortueux a sa logique.

Quelles que soient ses formes, l'usage politique de l'Histoire, la confusion entre histoire et mémoire, sont des fautes politiques majeures, qui ruinent la confiance que les citoyens placent en leurs représentants, car ils entretiennent des espoirs, invariablement déçus, de retour d'un passé idéalisé.

 

Texte écrit pour Générations engagées.

 

06.04.2008

Derniers appels avant liquidations?

Une petite pause, liée aux vacances et à d’autres occupations, et me revoilà sur la blogosphère.

 

Quelques mots brefs pour dire ma satisfaction : la liste " Vitamine D ", sur laquelle j’étais candidat a gagné l’élection interne lors de l’Assemblée Générale des Jeunes Démocrates du Rhône et Quentin Thévenon, que nous soutenions, a été élu Président. Merci aux militants qui nous ont fait confiance et bravo aussi aux membres de la liste " Moins de trente-trois ans, plus de Mouvement Démocrate ", qui ont fait une belle campagne. Trois de ses membres sont élus aux bureaux et vont pouvoir apporter leurs idées et leurs compétences. Avec cette nouvelle équipe, le travail nécessaire de rassemblement et de reconstruction va s’engager.

 

Sinon, je viens de voir que Jean Arthuis quitte le MoDem. C’est dommage, car sa compétence va manquer pour bâtir un projet économiquement cohérent. Toutefois je suis d’accord avec lui lorsqu’il dit que notre mouvement ne propose rien. Un parti politique se doit de parler aux français. Il est vrai que pour cela il faudrait que nous soyons capables de nous parler à nous même, et c’est tout le sens du travail d’organisation qui doit être mené. Mais il ne faut pas remettre la réflexion à plus tard. Quitte à aller plus doucement, ces deux démarches doivent se faire de concert, sans quoi nous aurons soit un parti organisé sans idées, ça s’appelle une coquille vide, soit des idées sans parti, et là c’est un simple courant de pensée.

 

Bon sinon, notre pays poursuit d’un pas assuré sa marche vers le nid douillet de l’atlantisme d’antan. Douillet pour quelques temps, mais ça pourrait se terminer dans la douleur du verre brisé et des poutres en béton enchevêtrées. Se rapprocher de la politique actuelle des Etats-Unis à un moment où ils vont peut-être en changer, décidément la France a toujours un train de retard, mais je crois que l’on pourrait se dispenser de prendre celui-là. Réintégrer le commandement militaire intégré de l’OTAN, ça n’a comme seul intérêt éventuel que de faire des économies sur nos frais de commandement, et encore je n’en suis pas sûr. Par ailleurs, le projet politique que cette décision reflète me paraît flou et pour le moins contestable. Vendre l’indépendance de la France, ce n’est pas une bonne solution, surtout qu’en fait de vente, c’est plutôt un don.

 

Enfin pour rigoler un peu, parlons un peu des Jeux Olympiques. Voilà sept ans je crois qu’ils ont été attribués à Pékin, et l’on ne peut pas dire que nos bonnes âmes (j’en fais partie) se soit émues très souvent de l’évolution des droits de l’homme en Chine. La question du textile, de la pollution, étaient plus souvent évoquées que les libertés dans les discussions sur ce pays. Faut-il boycotter la cérémonie d’ouverture, créer des signes distinctifs pour les athlètes ? Sans doute. Mais j’aimerais que cet élan civique ne s’arrête pas au retour de Pékin. Le Tibet sera bien vite oublié entre deux matches.

Et nous retrouverons notre quotidien, à la recherche d’un autre sujet de griserie, d’une autre occasion de montrer notre conscience citoyenne, celle que l’on allume par intermittences.

11.02.2008

De la difficulté de faire de la politique autrement.

Changer la politique. Tel était, lors de sa présentation, l'une des principales ambitions du Mouvement Démocrate. A l'heure où les citoyens se méfient des vaines promesses et des élus qui les tiennent, dans un monde qui a plus que jamais besoin de politiques responsables, c'était un défi à relever. Au moment où s'accélère la campagne municipales, faire un lpremier bilan s'avère délicat. Un parti qui souhaite entamer le chantier titanesque de la rénovation peut-il attendre six mois pour se concrétiser, entre l'annonce de sa création, et son congrès fondateur?

Non. Parce que pendant ce temps les citoyens réfléchissent, attendent, et sont déçus de ne rien voir venir. Parce que c'est le meilleur moyen de voir se constituer des petits groupes motivés, sûrs de réprésenter un Modem dont personne ne sait encore à quoi il va ressembler, prêts à préempter les places disponibles, contre des caciques dépassés par une vague de nouveaux militants exigeants car convaincus. Parce que le vide, le désert, est médiatiquement difficile à rattrapper. Voilà pourquoi il a été si difficile, selon moi, de faire démarrer la machine. A ceci s'ajoute un manque de clarté sur la ligne politique.

Indépendance et renouveau furent les grandes lignes. Mais si ces éléments sont nécessaires pour constituer une alternative crédible, ils n'en forment pas pour autant le squelette. Ue ligne c'est une pensée claire, connue de tous, sur les grand sujets politiques, nationaux ou locaux. Pas une idéologie, mais à tout le moins une direction. Quand on ouvre les portes du musée, mieux vaut indiquer le sens de la visite. Rien d'étonnant que dans la désorganisation, des lignes multiples se soient crées. Au Modem, on pourrait dire que la nature a horreur du vide: si la direction ne fait rien, les militants s'en chargent. C'est très bien, car ça témoigne d'un réactivité certine. Mais cela devient délicat s'il n ya aucune réelle coordination des initiatives.

Alors, on a organisé un congrès fondateurs, pour accoucher le Modem, réaliser une sorte de catharsis, en finir avec les mauvais démons. Mieux vaut ne pas trop critiquer son déroulement, ou ne pas tirer sur une ambulance.

Alors, on a organisé une élection interne, pour le Conseil National. On expliqué aux adhérents qu'il fallait qu'ils participent, mais là encore l'ambulance est tombée en panne.

Puis est venu le moment des investitures. Nous devions faire de la politique autrement. Plus d'arrangements. Des listes indépendantes partout où c'est possible (c'est bien ainsi que le plus haut niveau l'a présenté, sans jamais parler d'indépendance partout et toujours). De coups bas en renoncements, le flou s'est installé. Je trouve essentiel de faire un parti qui travaille sur des majorités locales, qui refuse l'alliance systématique avec un camp. Pour un intérêt national, le Modem fait des alliances dans certaines grandes villes, où cela aurait été facile de présenter des listes indépendantes. Pour des raisons de symbolique nationale, il fait différemment ailleurs. Mais partout, on retrouve des militants Modem sur différentes listes opposées.

On me dira que ceux qui sont hors de la liste investie sont hors du parti. Pourquoi n'en partent-ils pas? Qu'ont-ils à gagner à rester au Modem, petit parti en construction, si ce sont des opportunistes en quête de place (quelle place peut-on raisonnablement envisageavec une étiquette Modem?)? Rien, je crois qu'il s'agit de désaccords sur la ligne locale, mais en aucun cas de refus de la ligne nationale "les élections municipales se règlent au niveau local".

Enfin je voudrais évoquer une autre question : qu'est-ce que faire de la politique autrement? Ou, reformulée, "faire de politique autrement" est-il un argument pour en faire de manière traditionnelle? L'avenir nous le dira, mais la volonté, souvent affichée de faire émerger une nouvelle génération me fait peur. Je la partage évidemment, mais il y a comme une odeur bizarre, la sensation qu'il ne s'agit pas seulement de permettre à de nouvelles têtes d'émerger, mais de couper celles qui dépassent, chez les plus vieux ou les plus jeunes. Il n'est pas question de troquer la domination des quin,quagénaires et des sexagénaires contre l'alliance des trentenaires et des quadragénaires. La frustration étant mauvaise conseillère en politique, il me semble important que tout le monde se rassemble.

Bon courage à tous les démocrates engagés dans les municipales et les cantonales.

 

(Un incident technique ou ma méconnaissance informatique fait que la fin de ma note est plus un résumé de ce que je voulais dire.)

27.03.2007

Le programme de François Bayrou

Voici quelques temps, j'ai trouvé un site internet fort mal documenté, sur le programme de Bayrou, www.programme-bayrou.org.

J'ai donc décidé de répondre à ce qui n'est qu'une provcation ridicule, mais qui contribue à décridibiliser cett campagne et la politique en général. On a le droitd'être en désacord, mais la politique, ce n'est pas un jeu.

C'est ainsi qu'est né ce petit site, sous forme de blog, de présentation du programme de François Bayrou: programme-bayrou.hautetfort.com.

Allez-y, vous verrez ce que propose le candidat que je soutiens.

18.03.2007

La nouvelle génération en marche

Il y a des rencontres décisives en politique. Au cours d'une campagne interne chez les Jeunes UDF j'ai rencontré Quitterie Delmas. A l'issue de cette grande aventure collective Quitterie a lancé un blog, en lien ici sur la gauche. un lieu d'expression, de débats sur les médias la politique la démocratie, avec sa complice Virginie Votier.

Régulièrement,une éuipe soudée et qui grandit chaque jour un peu plus tracte sur les marchés du XIIIe arrondissement de Paris pour François Bayrou.

J'ai assisté à un colloque au Sénat sur Internet et la Présidentielle, dans lequel Quitterie intervenait, voici un lien pour vous faire partager ce grand moment.

 Ca peut paraître bizarre, de faire un note comme celle-ci, mais parfoisc'est bien de montrer que la politique ce n'est pas qu'un combat, mais aussi une somme de belles rencontres.

Je n'oublie pas non plus mes autres amis des Jeunes UDF, notamment tous ceux du Rhône, qui se reconnaîtront.

http://www.clubsenat.fr/edemocratie/index.php?subaction=c...

 

A bientôt les Jeunes Libres