20.09.2009

Le Forum: des idées, des questions

La place des Terreaux s'endort. L'Hôtel de Ville trône encore, vide, face à l'Opéra, dont les noirs couloirs se fondent dans la nuit lyonnaise. Pourtant, sous ces plafonds dorés, c'est la vie intellectuelle de notre époque qui s'est exprimée avec force pendant trois jours. Le Forum de Libération est achevé. Vingt ans après la Chute du Mur, c'était son thème.

 

Durant ces trois jours, j'ai pu assister, comme de nombreux autres, on dira csp+ malheureusement pour la plupart, à des débats d'un grand intérêt. Bien sûr on peut toujours penser qu'une heure et  demie, ça laisse passer l'essentiel. Que l'on n'a pas le temps d'aller au fond des choses. Il me semble au contraire que dans ce genre de débats, il est illusoire d'attendre des réponses techniques. Il faut venir là pour chercher des pistes de réflexion.

 

Si j'ai aimé le témoignage du Général Jaruzelski, et son débat face à Hubert Védrine, ce n'est pas seulement pour son intérêt historique, mais c'est surtout pour tout ce qu’il nous dit sur la difficulté de décider, sur le besoin de se justifier, sur la nécessité de regarder le contexte et pas seulement la surface.

 

Si j'ai aimé le débat entre Frédéric Mitterrand et Volker Schlondorff, c'est pour le témoignage impressionniste que chacun a pu apporter sur son Europe, sa vision de la culture européenne, et cette époque si particulière qu'est le moment qui a précédé la Chute du Mur.

 

Du débat Peyrelevade / Saint-Amans sur la crise financière, je retiendrai deux sentiments contradictoires: la satisfaction de comprendre que quelque chose de positif est vraiment en train de se passer sur le terrain des paradis fiscaux; l'idée qu’il existe des pistes pour éviter de nouvelles crises, mais qu'il est difficile de les imposer.

 

Peut-on enseigner la même histoire en France et en Allemagne, question complexe, entre les différences pédagogiques, les mémoires nécessairement dissemblables mais parfois concordantes, les éléments spécifiques.

 

Je retiendrai quelques dialogues drôles parfois entre Patrick Bloche et Jack Lang, dont le débat aura au moins montré qu'une partie de la classe politique, même experte des questions culturelles, s'est coupée de la réalité des nouveaux usages d'Internet.

 

Deux débats sur l’écologie, avec à chaque fois Gérard Collomb, et en face de lui Dominique Voynet ou Alain Juppé. C’est l’occasion de voir des Maires expliquer leur vision du développement durable, de son implication dans l’urbanisme, de ses actualités internationales.

 

Un moment que certains jugeront historique entre Bayrou et Hollande, les deux François, qui a confirmé les informations des dernières semaines. Cela ne fait pas une politique, mais constitue quelques-unes de ses fondations.

 

Bien sûr, quand des hommes politiques ou des intellectuels viennent dans ce genre de lieux publics, la nuée de courtisans et d’opportunistes apparaît. Chacun veut en profiter pour se montrer, et la parade commence. Une petite question au passage : n’en faisons nous pas tous un peu partie ?

 

On pouvait souhaiter obtenir des réponses précises sur tous ces sujets, et sur tous ceux que j’ai manqué (Europe, Moyen-Orient, abstention…) mais pour le libre arbitre, n’est-il pas appréciable d’avoir simplement de nouvelles questions à approfondir? Je ressors du Forum Libération avec l’envie de réfléchir, encore. C’est ça, être un Homme, penser par soi-même, refuser l’idée d’un supermarché de la pensée définitive, et préférer, en écoutant les tableaux intellectuels de ce week-end, constituer sa propre fresque.

09.09.2009

Sauvons le CNP Odéon

Je ne suis pas un grand spécialiste du cinéma, mais j'aime voir des films anciens ou peu connus. Mais apprendre que le CNP Odéon ferme me scandalise. D'un point de vue culturel comme du point de vue social.

Les CNP ont une programmation exigeante, qui permet à de jeunes réalisateurs de trouver un public. L'Odeon, avec sa programmation de films anciens servait aussi d'antichambre, pour le public, vers ces artistes plus récents.

Je n'ai rien contre les multiplexes et les blockbusters, mais on ne devient pas un réalisateur multioscarisé d'un coup, il faut bien commencer quelque part. Dans la ville des Frères Lumières, il faut conserver des salles d'art et d'essai. C'est l'assureance d'avoir une culture complète, qui permette l'épanouissement des hommes et des femmes de Lyon et de ses environs. Et puis, la culture on le sait,  a un coût, mais pas de prix. Je comprends qu'un entrepreneur souhaite gagner de l'argent, et n'aime pas en perdre. Mais ce pan de la culture que nous sommes en train de perdre ne vaut-il vraiment rien?

Au niveau social, il est totalement odieux d'avoir démonter l'intérieur du cinéma en douce pendant l'été. La propriété est un droit de l'homme, certes, mais la dignité me semble l'être aussi. Comment se sentir digne quand on arrive le matin et qu'on trouve son lieu de travail désert? C'est un comportement irresponsable visà-vis des salariés et de la société dans son ensemble. Or, même dans une économie de marché, il est important de prendre en compte le contexte dans lequel on évolue.

Je ne peux me résoudre à renoncer, à laisser faire. Je vous invite, ainsi que je l'ai fait, à laisser un message, à signer la pétition du comité de soutien sur: http://www.soutenirlescinemascnp.org/.

 

10.08.2009

Lyon au mois d'août

La chanson d'Aznavour, "Paris au mois d'août", est bien connue. C'est vrai qu'on apprécie cette ville quand les rues sont moins encombrées (de là à dire que j'aime Paris sans les parisiens...). Mais Lyon au mois d'août, c'est aussi une atmosphère différente, surtout si l'on est en vacances. Le calme des rues nous fait  encore plus la douceur de vivre dans cette ville. Quelques pas au Parc de la Tête d'Or et la nature est là.

Lyon au mois d'août, se laisse admirer, découvrir, aimer, En fait, Lyon au mois d'août, c'est une occasion d'aller voir des expositions, faire quelques nouveaux restaurants, oublier -un peu- la politique, même si elle ne nous oublie pas.

Toutes les villes sont belles au mois d'août, ce mois est un peu à part. La vie, même quand on travaille,  nous paraît ralentie. Un peu comme la performance de l'OL lors de son premier match...

25.07.2009

Décès de Francisque Collomb

Francisque Collomb est décédé hier à près de 99 ans. Maire de Lyon de 1976 à 1989, il a contribué à faire changer la ville. Dans un autre style, plus polissé, moins bétonneur que son prédécesseur Louis Pradel. Dans un style moins flamboyant que son successeur Michel Noir. Lentement, mais sûrement, il a marqué la ville. Gare de La Part Dieu, continuation du Métro, Eurexpo, Institut Lumière, Pont Winston Churchill, démarrage du quartier de Gerland, venue d'Interpol, impulsion de la Cité Internationale: autant de réalisations qui ont vu le jour ou débuté sous ses mandats. Francisque Collomb (sans rapport familial avec Gérard Collomb),  fut aussi sénateur du Rhône de 1968 à 1995, dans le groupe Union Centriste.

Discret, peu connu, peu reconnu, il mérite notre respect.

29.04.2009

Un démocrate dans le 6e

Depuis peu j'ai emménagé dans le 6e arrodissement de Lyon. Un arrondissement divers, entre le quartier  Bellecombe, les Brotteaux,  le Parc de la Tête d'Or, loin des clichés de réserve sarkozyste.

Dans cette arrondissement, le Mouvement Démocrate dispose d'une section organisée et dynamique, à laquelle j'ai commencé à contribuer. Nous avons en plus un excellent candidate aux élections européennes en la personne de Florence Mardirossian.

 

Hier, j'ai pu assister au conseil d'arrondissement. C'est la vie des quartiers, la proximité qui sont au coeur de ses activités, et c'est très enrichissant. En plus, l'ambiance est calme, et permet un débat bonenfant sur des questions sérieuses, bien loin des images de guerre civile que la politique véhicule.