30.04.2009
Tout va bien
Voici ce que j'ai écrit pour Générations Engagées
Pardon, ce mot là est dans toutes les bouches, sur toutes les ondes, dans toutes les colonnes ces temps-ci. Pardon pour ce que Nicolas Sarkozy a dit. Pardon pour les propos de Ségolène Royal. Pardon pour tout et surtout pour n’importe quoi.
Entre un Président habitué à la provocation, des fidèles UMP bien contents de tomber à bras raccourcis sur l’ancienne candidate socialiste, et Ségolène Royal elle-même, qui s’engage dans ce que des analystes appellent la stratégie du « coup d’éclat permanent », on ne sait où donner de la tête. Qui a dit quoi ? On ne le saura jamais et ça n’a pas beaucoup d’importance.
Le problème de fond dans cette affaire des déclarations présidentielles, c’est un problème de légitimité. Que des dirigeants étrangers soient choqués par ces mots, ça paraît normal. Que des citoyens français le soient l’est tout autant. En terme d’image de la France, on a vu mieux. Un Président accusé d’insulter ses homologues, ça nous rappelle les meilleures gaffes de Bush junior, ou de Berlusconi.
Mais s’excuser au nom de la France et des français, même quand on est un élu, c’est porter atteinte aux principes républicains d’unité, d’indivisibilité. La fonction présidentielle est assez déconsidérée depuis 2007 par l’action de son titulaire, inutile d’en rajouter à l’étranger. C’est une affaire qui se règlera dans les urnes, et pas dans un combat de coquelets médiatiques.
François Bayrou voit juste en désapprouvant cette tendance à l’excuse que l’on observe ces jours-ci.
Toute cette polémique est à vrai dire bien futile. Les élections européennes approchent, mais personne n’en parle sérieusement. Les salariés séquestrent leurs cadres ou leurs patrons. La crise est là. On nous explique que tout ira bien dans quelques temps, il se trouve même des gens pour dire que la France est plus à l’abri que d’autres, ça rappelle un peu Tchernobyl. A n’en pas douter les ouvriers en chômage partiel vont être d’accord…Tout va bien.
Et tout ce qui intéresse, c’est le grand cirque habituel des provocations et des démentis. Les spéculations sur le futur remaniement. Le pays va tellement bien que pour un projet de loi sensible, Hadopi, les députés de la majorité ont préféré l’absence plutôt que le vote. Mais rassurons-nous, cette anomalie sera réparée dans quelques jours. A coup de menaces de charcutage de circonscriptions législatives, la majorité sera ressoudée.
Décidément, oui, tout va bien.
A mon tour je voudrais m’excuser, auprès des citoyens laissés pour compte par des politiques, des partis, dont je suis pourtant. Un jour, vous nous écouterez vous supplier de conserver nos positions, quand tout tremblera tellement que la République n’aura pas d’autre choix que l’unité face au gouffre. Mais pour l’instant tout va bien…
13:34 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : générations engagées, bayrou, royal, sarkozy
22.03.2009
Internet, un progrès, un combat
Cette note a été écrite pour le blog collectif Générations engagées, que je vous invite à consulter.
Un peu d’histoire. Il y a dix ans, quand mes petits camarades du lycée faisaient leurs recherches sur un Internet balbutiant, je râlais contre cette "triche ", parce que seules les encyclopédies papier comptaient pour moi.
Aujourd’hui, quand ma journée démarre, je me connecte sur Internet. Revue de presse, blogs, forums, sites institutionnels.
Sans ça, comme beaucoup de gens mon quotidien serait bien différent.
Je n’ai jamais été porté sur les combats générationnels. Pour moi le succès d’un combat politique repose sur a capacité de ceux qui le mènent à rassembler largement autour d’eux. Partis, classes, générations, autant d’étiquettes faciles et confortables. Mais le confort n’assure pas le bonheur.
Pourtant il est un combat qui me tient à cœur et qui doit être celui de ma génération, celle pour qui les débuts dans la vie active se sont fait sous les auspices d’Internet.
Il existe dans ce pays une fracture. Elle découle de la trop fameuse fracture sociale, car le premier souci, quand on manque d’argent, c’est la nourriture, le loyer, pas l’équipement numérique.
Pour chercher un logement, un emploi, Internet est un outil indispensable. Quand on habite à la campagne, comme des millions de français, il est difficile de se déplacer. L’e-administration, qui se développe, encore lentement, est un bon moyen pour faciliter les démarches.
Internet, c’est une occasion inespérée pour le développement durable : la visioconférence, le travail, le e-commerce à distance, tout cela contribuera à limiter les déplacements.
Et le journalisme citoyen, en ces temps de reprise en main financière et politique des médias professionnels, c’est un des richesses que nous offre Internet.
Offrir à chacun les moyens d’accéder à ces éléments essentiels de la vie d’aujourd’hui, par les infrastructures, les réseaux, la lutte pour la liberté sur Internet, c’est le devoir politique de notre génération.
C’est une nouvelle société que l’Internet omniprésent nous oblige à penser. Les réseaux sociaux vont nous pousser à réfléchir à la place du secret dans nos vies. Et aussi à la logique de transparence totale, qui, entre sphère privée et sphère publique, tend à s’imposer sans discernement. La liberté suppose une part de secret. Tout progrès technique de cette ampleur a des conséquences politiques et sociétales. La Réforme vint après l’Imprimerie, les Guerres de Religion aussi.
Restons vigilants.
22:48 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : !internet, démocratie, blogs, générations engagées



