07.09.2009

Regard sur l'UR : du discours politique

Ce week end avait lieu l’Université de rentrée du Mouvement Démocrate à La Grande Motte. Trois jours de débats, dans une ambiance festive pour préparer l’alternative dont la France a besoin. Et pour conclure, l’intéressant discours de François Bayrou ce dimanche. Quelques mots plus précis sur ce dernier point.

 

Un discours politique répond à des formes convenues. Rythme, vocabulaire, scénographie, tout est pensé pour émouvoir et convaincre.

Etre derrière l’orateur, ce fut mon cas hier, peut être tout aussi sympathique que pénible. Pénible, car on ne doit ni bouger, ni parler, ni quitter le sourire que les téléspectateurs doivent nous voir arborer. Etre sur scène de meeting, c’est être soi-même en représentation, ne pas montrer d’autre émotion que celle attendue.

 

Mais cette position est aussi celle qui permet le mieux de prendre la température de la salle. Voir les visages s’allumer, les yeux briller, avant qu’une salve ne transporte tout ce monde plus haut qu’ils ne pensaient jamais aller. Moment d’oubli, où la masse, unie, et oubliant ses combats internes, ses inimitiés, ses pudeurs se livre à la volonté de l’orateur. Chacun comprend dans les quelques mots qu’il vient de prononcer chacun comprend ce qu’il veut mais tous sont convaincus que c’est bien pour entendre cela qu’ils sont venus ici, ce jour-là, ou qu’ils ont adhéré à ce parti. Nous recevons ce que nous souhaitions, mais nous donnons plus que ce que nous serions naturellement prêts à donner.

Et, placé derrière l’orateur, on en vient à se mettre à sa place. Des vocations peuvent–elles naître de ces mises en scène ? Sans doute. Comment ne pas ressentir ne serait ce qu’une infime part du bonheur de l’homme, qui, avec ses mots, a touché la conscience de ses semblables. L’effroi n’est pas loin, car il est facile d’être grisé, de se laisser emporter par sa propre puissance. Qu’une salle applaudisse, et la France se couchera ! Ou le monde.

Quand la réalité électorale se fait jour, la déception peut être violente. La griserie peut aussi refermer l’orateur sur lui-même, l’empêcher d’écouter les critiques.

 

De l’art oratoire sont nés des régimes dangereux, meurtriers. La caresse des mots sur la foule s’est alors faite coups de poignard, balle de revolver, guillotine.

 

Pour finir, même si d’autres l’ont écrit bien mieux avant moi, oui, c’est vrai, chaque fois que je me suis trouvé derrière un orateur dans une réunion politique, j’ai vu une foule bigarrée, une multitude faite de convaincus et de curieux, devenir Une.

Sachons transformer cette fusion passionnée d’un jour en un élan électoral. C’est le devoir des militants.