06.04.2008
Derniers appels avant liquidations?
Une petite pause, liée aux vacances et à d’autres occupations, et me revoilà sur la blogosphère.
Quelques mots brefs pour dire ma satisfaction : la liste " Vitamine D ", sur laquelle j’étais candidat a gagné l’élection interne lors de l’Assemblée Générale des Jeunes Démocrates du Rhône et Quentin Thévenon, que nous soutenions, a été élu Président. Merci aux militants qui nous ont fait confiance et bravo aussi aux membres de la liste " Moins de trente-trois ans, plus de Mouvement Démocrate ", qui ont fait une belle campagne. Trois de ses membres sont élus aux bureaux et vont pouvoir apporter leurs idées et leurs compétences. Avec cette nouvelle équipe, le travail nécessaire de rassemblement et de reconstruction va s’engager.
Sinon, je viens de voir que Jean Arthuis quitte le MoDem. C’est dommage, car sa compétence va manquer pour bâtir un projet économiquement cohérent. Toutefois je suis d’accord avec lui lorsqu’il dit que notre mouvement ne propose rien. Un parti politique se doit de parler aux français. Il est vrai que pour cela il faudrait que nous soyons capables de nous parler à nous même, et c’est tout le sens du travail d’organisation qui doit être mené. Mais il ne faut pas remettre la réflexion à plus tard. Quitte à aller plus doucement, ces deux démarches doivent se faire de concert, sans quoi nous aurons soit un parti organisé sans idées, ça s’appelle une coquille vide, soit des idées sans parti, et là c’est un simple courant de pensée.
Bon sinon, notre pays poursuit d’un pas assuré sa marche vers le nid douillet de l’atlantisme d’antan. Douillet pour quelques temps, mais ça pourrait se terminer dans la douleur du verre brisé et des poutres en béton enchevêtrées. Se rapprocher de la politique actuelle des Etats-Unis à un moment où ils vont peut-être en changer, décidément la France a toujours un train de retard, mais je crois que l’on pourrait se dispenser de prendre celui-là. Réintégrer le commandement militaire intégré de l’OTAN, ça n’a comme seul intérêt éventuel que de faire des économies sur nos frais de commandement, et encore je n’en suis pas sûr. Par ailleurs, le projet politique que cette décision reflète me paraît flou et pour le moins contestable. Vendre l’indépendance de la France, ce n’est pas une bonne solution, surtout qu’en fait de vente, c’est plutôt un don.
Enfin pour rigoler un peu, parlons un peu des Jeux Olympiques. Voilà sept ans je crois qu’ils ont été attribués à Pékin, et l’on ne peut pas dire que nos bonnes âmes (j’en fais partie) se soit émues très souvent de l’évolution des droits de l’homme en Chine. La question du textile, de la pollution, étaient plus souvent évoquées que les libertés dans les discussions sur ce pays. Faut-il boycotter la cérémonie d’ouverture, créer des signes distinctifs pour les athlètes ? Sans doute. Mais j’aimerais que cet élan civique ne s’arrête pas au retour de Pékin. Le Tibet sera bien vite oublié entre deux matches.
Et nous retrouverons notre quotidien, à la recherche d’un autre sujet de griserie, d’une autre occasion de montrer notre conscience citoyenne, celle que l’on allume par intermittences.
17:04 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, modem, démocrate, otan, pékin, jeux olympiques, boycott
11.02.2008
De la difficulté de faire de la politique autrement.
Changer la politique. Tel était, lors de sa présentation, l'une des principales ambitions du Mouvement Démocrate. A l'heure où les citoyens se méfient des vaines promesses et des élus qui les tiennent, dans un monde qui a plus que jamais besoin de politiques responsables, c'était un défi à relever. Au moment où s'accélère la campagne municipales, faire un lpremier bilan s'avère délicat. Un parti qui souhaite entamer le chantier titanesque de la rénovation peut-il attendre six mois pour se concrétiser, entre l'annonce de sa création, et son congrès fondateur?
Non. Parce que pendant ce temps les citoyens réfléchissent, attendent, et sont déçus de ne rien voir venir. Parce que c'est le meilleur moyen de voir se constituer des petits groupes motivés, sûrs de réprésenter un Modem dont personne ne sait encore à quoi il va ressembler, prêts à préempter les places disponibles, contre des caciques dépassés par une vague de nouveaux militants exigeants car convaincus. Parce que le vide, le désert, est médiatiquement difficile à rattrapper. Voilà pourquoi il a été si difficile, selon moi, de faire démarrer la machine. A ceci s'ajoute un manque de clarté sur la ligne politique.
Indépendance et renouveau furent les grandes lignes. Mais si ces éléments sont nécessaires pour constituer une alternative crédible, ils n'en forment pas pour autant le squelette. Ue ligne c'est une pensée claire, connue de tous, sur les grand sujets politiques, nationaux ou locaux. Pas une idéologie, mais à tout le moins une direction. Quand on ouvre les portes du musée, mieux vaut indiquer le sens de la visite. Rien d'étonnant que dans la désorganisation, des lignes multiples se soient crées. Au Modem, on pourrait dire que la nature a horreur du vide: si la direction ne fait rien, les militants s'en chargent. C'est très bien, car ça témoigne d'un réactivité certine. Mais cela devient délicat s'il n ya aucune réelle coordination des initiatives.
Alors, on a organisé un congrès fondateurs, pour accoucher le Modem, réaliser une sorte de catharsis, en finir avec les mauvais démons. Mieux vaut ne pas trop critiquer son déroulement, ou ne pas tirer sur une ambulance.
Alors, on a organisé une élection interne, pour le Conseil National. On expliqué aux adhérents qu'il fallait qu'ils participent, mais là encore l'ambulance est tombée en panne.
Puis est venu le moment des investitures. Nous devions faire de la politique autrement. Plus d'arrangements. Des listes indépendantes partout où c'est possible (c'est bien ainsi que le plus haut niveau l'a présenté, sans jamais parler d'indépendance partout et toujours). De coups bas en renoncements, le flou s'est installé. Je trouve essentiel de faire un parti qui travaille sur des majorités locales, qui refuse l'alliance systématique avec un camp. Pour un intérêt national, le Modem fait des alliances dans certaines grandes villes, où cela aurait été facile de présenter des listes indépendantes. Pour des raisons de symbolique nationale, il fait différemment ailleurs. Mais partout, on retrouve des militants Modem sur différentes listes opposées.
On me dira que ceux qui sont hors de la liste investie sont hors du parti. Pourquoi n'en partent-ils pas? Qu'ont-ils à gagner à rester au Modem, petit parti en construction, si ce sont des opportunistes en quête de place (quelle place peut-on raisonnablement envisageavec une étiquette Modem?)? Rien, je crois qu'il s'agit de désaccords sur la ligne locale, mais en aucun cas de refus de la ligne nationale "les élections municipales se règlent au niveau local".
Enfin je voudrais évoquer une autre question : qu'est-ce que faire de la politique autrement? Ou, reformulée, "faire de politique autrement" est-il un argument pour en faire de manière traditionnelle? L'avenir nous le dira, mais la volonté, souvent affichée de faire émerger une nouvelle génération me fait peur. Je la partage évidemment, mais il y a comme une odeur bizarre, la sensation qu'il ne s'agit pas seulement de permettre à de nouvelles têtes d'émerger, mais de couper celles qui dépassent, chez les plus vieux ou les plus jeunes. Il n'est pas question de troquer la domination des quin,quagénaires et des sexagénaires contre l'alliance des trentenaires et des quadragénaires. La frustration étant mauvaise conseillère en politique, il me semble important que tout le monde se rassemble.
Bon courage à tous les démocrates engagés dans les municipales et les cantonales.
(Un incident technique ou ma méconnaissance informatique fait que la fin de ma note est plus un résumé de ce que je voulais dire.)
18:10 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : modem, élections, politique
02.11.2007
Mouvement Démocrate: regardons vers l'extérieur
Depuis l’annonce par François Bayrou de la création du Mouvement Démocrate, il y a quelques mois, le débat interne s’est développé dans cette nouvelle famille politique. Charte éthique, valeurs, statuts, l’été a été riche de discussions, dans les fédérations, ou dans des structures nées de cette volonté de participation militante (Modem 4.0, Cafés Démocrates). A Seignosse, la déception a pu se faire sentir face à ce que certains ont compris comme une volonté d’imposer des textes venus d’en haut. Dès lors, c’est une sorte de combat en reconnaissance du travail accompli par les militants qui s’est enclenché. Les pétitions se sont multipliées, comme celle de Génération Démocrate, afin de défendre l’idée de primaires pour la désignation des candidats, en prévision des prochaines municipales.
Je voudrais faire un petit point sur la situation actuelle du Mouvement, peu avant le Congrès :
- Ces initiatives montrent un potentiel militant extraordinaire, qu’il faut valoriser, car il sera le moteur de futures conquêtes politiques.
- La gestion du Mouvement doit incontestablement devenir plus démocratique, sinon les nouveaux militants, venus pour défendre une idée globale de démocratie, dans les partis comme dans la société partiront.
- Pour autant, il ne faut pas oublier les anciens militants UDF (je crois que je dois m’inclure dans ce groupe, même si je n’ai adhéré qu’en 2003) ni les élus. Bien sûr ceux qui ne veulent absolument pas entendre parler du nouveau chemin que nous avons pris doivent tirer les conséquences de ce désaccord politique. Mais il est important de mieux expliquer, d’assister les autres, pour qu’aucun malentendu ne s’installe. Il est illusoire de croire que tout le monde peut avancer au même rythme et que les militants vont se contenter de quelques discours dans de grands rassemblement que cette révolution idéologique se fera. Travailler, rencontrer, dialoquer, expliquer, voici comment sera accepté ce qui semble être une nouvelle ligne politique.
- Ces constats étant posés, une autre réalité s’impose : si nous continuons à nous regarder dans le miroir et à pratiquer l’autocritique (nécessaire), notre mouvement perdra toute crédibilité à l’extérieur.
- Nous allons perdre une énergie considérable dans des luttes internes.
- La démocratie interne est importante pour défendre efficacement la démocratie en France,, mais elle ne suffit pas.
- Il nous faut un programme solide, pour répondre aux attentes des français, pour réagir face à l’action du
gouvernementdu Président. - J’ai de nombreux amis qui se passionnent pour la question des primaires et de la démocratie interne (j’avoue que c’est essentiel, mais pourtant j’ai du mal à rentrer dans le débat technique), et je ne veux pas que leur travail soit rendu inutile parce que faute de réflexion, le parti n’est pas en mesure d’être une force de proposition.
- Regarder vers l’extérieur c’est aussi sur des dossiers spécifiques, montrer que nous pouvons travailler avec des gens de droite ou de gauche. Sur les tests ADN, l’action militante du collectif Sigismond a montré ce savoir-faire. Ne gâchons pas.
Jules Ferry rappelait en son temps au républicains que le premier devoir de ce nouveau régime était de prendre des décisions. La démocratie est selon Habermas, un projet inachevé, un horizon à atteindre. Ne nous braquons pas sur nos problèmes internes, qui trouveront une solution progressive. Prenons conscience que le premier devoir d’un parti politique est de regarder vers l’extérieur, de parler aux français.
18:05 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, démocrate, Modem, UDF




