17.06.2009
Echec et rebond?
Le 7 juin, les électeurs n'ont pas suivi notre message et nous avons subi un échec cuisant. Un de plus? Un de trop? Il est temps de changer les choses au Modem, pas pour tout révolutionner, donner des places à quelques promoteurs d'eux-mêmes opportunistes.
Pour le blog Générations Engagées, j'ai écrit le texte qui suit:
Dernières idées d’espoir
Le Mouvement Démocrate a perdu ces élections européennes. Une telle situation appelle des changements au sein du Modem, en termes d’organisation, de communication, de propositions. Essayons déjà d’analyser clairement ce qui nous arrive, avant de donner quelques pistes.
Le Mouvement Démocrate est né d’une défaite, celle du premier tour de la présidentielle de 2007. Certes, nous avons tous vécu avec les souvenirs de cette grande campagne, et de ce score 18.7%, qui plaçait la candidature de François Bayrou dans le haut du tableau de note famille politique. Et c’était une belle aventure. Et il y avait des raisons à cela : un projet, une équipe (même discrète, elle était là), des militants passionnés qui travaillaient en bonne entente.
Malgré tout, la Cinquième République a ses règles. La plus cruelle est celle-ci : aux Présidentielles, il y a un seul vainqueur, le deuxième candidat, et a fortiori le troisième sont les perdants.
Pour faire face à l’état de grâce militant, et aussi à la fuite des élus, nous avons créé le Mouvement Démocrate, sur la base de règles nouvelles, en laissant aux citoyens, aux militants de base les moyens de prendre en charge leur destin.
Puis sont venues les élections municipales. Là ce fut un échec, mais il demeure difficile à analyser : un parti jeune des contextes locaux différents, rien de très favorable pour notre parti.
Les élections européennes étaient pour nous une occasion de montrer la pertinence de notre organisation. D’abord parce que l’Europe est pour notre famille politique une vocation. Nombreux sont ceux, j’en fais partie, qui ont rejoint cette famille par idéal européen. Ensuite, parce que, malgré le découpage régional byzantin, ce scrutin met au prises des visions de la société, et de l’Europe, identiques sur tout le territoire français.
Or, nous n’avons pas convaincu, et pire on nous a accusés de ne pas parler d’Europe.
Donc si l’on veut proposer au Mouvement Démocrate des idées pour rebondir, il convient de modifier non seulement ce qui n’a pas marché durant ces mois de campagne européenne, mais depuis 2007.
Faire confiance. C’est le point central. Cette confiance qu’il convient de créer a plusieurs axes :
-
- confiance envers l’ensemble des cadres, pour créer une équipe autour de François Bayrou. Il ne doit plus être possible d’entendre sur les marchés qu’il est seul. Il faut laisser s’exprimer les responsables du parti, les parlementaires.
-
- confiance envers les élus. Nous avons vécu plusieurs hémorragies. Mais le but d’un parti de militants, ce n’est pas de garantir la suprématie des militants sur les élus, répétant, à front renversé, les dérives du parti de notables de l’UDF. Les élus sont des militants, ils n’ont pas à vivre une suspicion éternelle sur leurs motivations. N’oublions pas que le but d’un parti politique, et c’est ce qui le diffère d’une association, c’est d’avoir des élus pour appliquer ses idées aux différents niveaux de décision. Et pas seulement de défendre des idées dans le vide.
- Confiance entre les militants : là encore la suspicion généralisée, qui perdure ici ou là depuis la mise en place des fédérations départementales, doit cesser. Il n’y a pas d’un côté des purs et de l’autre des impurs. De tout cela découlera l’écoute qui est nécessaire à l’amélioration du travail commun et surtout du rassemblement.
-
C’est là le deuxième élément clef. Apparaître comme un parti ouvert. Si François Bayrou a fait ce bon score en 2007, je veux croire que c’est parce qu’il souhaitait faire travailler ensemble des gens différents pour parvenir à des solutions acceptées par tous les français. Dans une situation de crise économique grave, ce rassemblement est plus que jamais nécessaire. Il ne sert donc çà rien de se replier sur soi de ne voir que le orange de nos affiches, et de refuser de discuter avec les autres. Nous devons parler à tous, cesser tout ce qui peut laisser penser que nous nous situons dans une position antisystème. Peut-être que le PS et l’UMP n’ont plus l’un que l’autre les solutions aux problèmes de la France. Mais la dénonciation d’une UMPS fantasmée ne fait pas une politique.
Voilà, enfin, la dernière pierre de l’édifice, reconstruire un projet de société. Que la vision de Sarkozy ne soit pas la nôtre, c’est un fait. Que nous souhaitions mettre l’Homme au cœur des politiques également. Mais ça ne signifie pas grand-chose si nous n’avons rien à proposer de concret. Être pour la paix dans le monde et contre la pauvreté, c’est bien. Proposer les solutions pour garantir la sécurité internationale et la baisse des inégalités, c’est incomparablement mieux.
Une défaite reste une défaite, elle impose la critique, mais aussi l’union malgré tout. Si nous sommes unis, nous saurons prendre un nouveau départ. Si nous n’avons d’autre ambition que de purger les écuries, qui ne sont pourtant pas celles d’Augias, alors nous irons dormir au cimetière des illusions perdues. Et les premiers à en souffrir seront les citoyens, qui ont besoin de nous.
20:17 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, bayrou, européennes




Ecrire un commentaire